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Friday, May 25, 2012

Dali: Rice and Friends... and a very crammed train.

Il n'y d'autres mots pour décrire l'école de cuisine Rice and Friends de Dali que FANTASTIQUE! Si on m'avait dit il y a un an que j'apprendrais finalement à cuisiner (avec succès) quoi que ce soit qui ressemble de loin à de la véritable cuisine chinoise, je vous aurais dit: ''Pfff.. vous êtes complètement fou, ça prend de la magie noire ou une très longue lignée de sang chinois...''. Mais non, sous l'oeil attentif de Luxi, nous avons passé un des moments les plus mémorables de notre voyage en Chine dans sa petite cuisine à ciel ouvert de Dali.

Tel que convenu, elle nous a rencontrées pour la seconde fois devant le Bad Monkey Bar, équipée cette fois-ci de petits paniers en osiers mignons pour les emplettes et nous l'avons suivi jusqu'au marché extérieur de la ville avec beaucoup d'enthousiasme. J'avais déjà fait mes emplettes à maintes reprises au  marché de Shangqiu, mais de pouvoir finalement demander ce que sont les fruits bizarres et autres objets non identifiés marinant dans l'huile épicée était un véritable plaisir. De kiosque en kiosque, nous nous sommes procuré les piments, échalotes, tofus et autres produits frais locaux pour notre cours, tout en permettant à ma mère de s'étonner devant la boucherie à ciel ouvert et les vendeurs de poisson itinérants. Un marché chinois est l'endroit où vous testerez véritablement vos aptitudes à participer à ''Fear Factor'' et si vous êtes trop curieux, perdrez aussi probablement votre appétit... mais il n'y a rien à craindre car Luxi, nous a amenées pour la visite ''spéciale touriste'', laissant de côté les allées où s'exécute la boucherie et l'achat de parties de viande plus savoureuses... aux yeux des Chinois. Malgré tous ses efforts, nous nous sommes tout de même retrouvées face à face avec un amputé chinois sur un skate-board chantant avec force dans sa machine a karaoké pour obtenir quelques dons. En fait, le plus triste dans tout ça, c'est que l'homme semble avoir justement été amputé par la bouchère du coin plutôt qu'à l'hôpital et nous avons de la difficulté à détourner notre regard de son corps ravagé par les brûlures, les cicatrices et autres plaies. Certains mendiants chinois se retrouveront dans leur situation après un cas extrême de brutalité policière, d'autres sont des vétérans mutilés et quelques-uns ont subi des lésions à la naissance et passent leur vie à quêter au coin de la rue, leurs plaies exposés à la vue de tous. Ça brise et lève le coeur en même temps... L'absence d'aide sociale pour les handicapés les forces à dépendre de la générosité de leurs concitoyens, instaurant une certaine loi de la jungle en Chine et me faisant remercier le ciel d'être née au Canada.



Finalement, quand nous avons tous les ingrédients nécessaires, nous retournons à l'école de Luxi, où elle nous amène dans une petite cour intérieure ensoleillée où trois plans de travail complets avec des woks sont installés. Elle profite du moment où sa sous-chef organise nos services pour nous expliquer les différentes huiles et sauces utiles pour la confection de repas chinois authentiques et nous en apprenons des tonnes sur la gastronomie orientale. Au loin, la montagne de Dali surplombe son jardin, nous offrant une vue imprenable à même notre petit plan de travail à ciel ouvert. C'est magique. Après avoir enfilé nos tabliers, nous nous installons derrière nos planches et commençons à couper les légumes pour notre salade froide au tofu. A priori, je ne suis pas tellement une fan du tofu, mais mélangé avec des ingrédients frais et baignant dans une vinaigrette au gingembre, c'est succulent! Nous mangeons avec appétit, remerciant notre bonne fortune d'avoir pris part à ce cours et de nous avoir permis de déguster notre premier vrai bon repas chinois depuis le début de notre voyage.



Ensuite, nous nous mettons au travail pour compléter une recette d'aubergine épicée et de poulet Kung-Pao, sous l'oeil expert de notre chef, qui nous enseigne les subtilités de la variation des températures du Wok. À plusieurs reprises, elle félicite ma mère pour son maniement expert du couteau et j'observe avec fierté les petites bouchées égales qu'elle arrive à produire... comme on dit par chez nous, j'ai encore des croûtes à manger pour atteindre l'expertise maternelle! Concentrées comme si nos vies en dépendaient, nous jouons avec le contrôle du Wok, reculant lorsque l'huile gicle un peu trop proche de nos petits bras, mais prenant un malin plaisir à voir la sauce changer de couleur et enrober les ingrédients dans un résultat salivant. Finalement, nous approchons nos créations culinaires de la table et partageons le fruit de notre labeur en discutant avec Luxi de son parcours. Elle nous raconte ses multiples voyages en Europe et nous avons de la difficulté à croire que cette jeune femme, qui semble n'avoir plus de trente ans, a vraiment vu autant de pays. C'est incroyable! Le ventre finalement bien plein, nous la remercions pour son incroyable cours et lui payons les 150 yuans (20$) chacune pour cette expérience inoubliable. Cette petite après-midi en plein air à Dali restera un des points forts de notre voyage.



Après avoir récupéré nos bagages à l'auberge - un petit pincement au coeur de devoir quitter un endroit si magique - nous nous rendons ensuite au centre-ville de Dali pour attraper un train jusqu'à Lijiang. J'ai très hâte de pouvoir faire partager l'expérience ferroviaire à ma mère, mais lorsque le train arrive finalement en gare, je commence à douter que nous allons bien apprécier notre trajet. Dans chacun des wagons, les fenêtres sont toutes embuées et la condensation coule abondamment dans les vitres... ''YARRRKKK'', crie mon subconscient qui ne se doutait pas qu'il allait devoir entrer dans un sauna chinois cet après-midi. Chacun des compartiments du train est rempli à capacité et même l'arrêt à Dali ne fait pas baisser le nombre de passagers debout dans le véhicule. Je suis ma mère à l'intérieur qui s'arrête net lorsque la foule cesse d'avancer: ''Euh maman, je suis désolée, mais tu vas devoir pousser parce que nous ne nous rendrons jamais à notre siège à cette vitesse..'', et j'ai malheureusement bien raison, car le bouchon de circulation humain est composé des passagers sans billets qui resteront sur leurs pieds jusqu'à Lijiang.

Bien évidemment, quand on atteint finalement notre banquette, les 5 jeunes Chinois qui y sont assis font semblant de ne pas nous voir. ''Qing... wo men de zou! (Pardon, ce sont nos sièges)'', que je leur annonce avec toute l'autorité que j'arrive à imposer alors que je me liquéfie lentement sur le tapis sale du wagon et que je sue du front abondamment. Bzzziibzziiztt (bruit de mouche) - personne ne bronche. Ils décident de tous transporter leur regard vers la fenêtre alors que je m'impatiente... oufff, ils ne savent pas ce qu'ils vont réveiller s'ils ne grouillent pas... et ça arrive, je me transforme en Incroyable Hulk toute rouge alors que je me mets à faire de grands mouvements et à lever la voix pour qu'ils se déplacent. Ne pouvant plus ignorer la bête sauvage dans leur compartiment, ils se lèvent, mais arrivent quand même à squeezer le plus de passagers possible dans le petit trou restant sur notre siège. La bataille est gagnée, mais je dois tout de même écouter la jeune femme devant nous critiquer les ''stupid foreigners'' qui ont pris le siège de leur ami alors qu'elle part dans un très long discours enragé...3....2....1.... Ipod! Tout en écoutant ma musique, je regarde ma mère du coin de l'oeil qui s'empêche difficilement de sortir sa caméra pour prendre quelques photos de notre wagon bondé - Il ne manquerait qu'un gars qui sort sa tête et ses bras par la fenêtre et un fumeur qui nous botche dessus pour violer toutes les lois possibles du train chinois - Enfin, prendre des photos, ne ferait que repartir la vague de commentaires assassins alors nous prenons de grandes respirations jusqu'à Lijiang et se disant que nos pores de peau seront vraiment très bien dilatés à notre arrivée.

''Hallelujah'', la gare de Lijiang est en vue et c'est après avoir laissé une montagne derrière nous à Dali, que nous en découvrons une autre qui surplombe la ville à notre nouvelle destination. Vraiment le Yunnan, c'est incomparable! Mais vraiment, la seule chose qui me passe par la tête à ce moment c'est que nous nous rapprochons de plus en plus du Tiger Leaping Gorge - l'excursion responsable en grande partie de notre visite des terres si reculées de la Chine. Depuis que j'ai lu le récit de J. Marteen Troost ''Lost on Planet China'', je rêve de marcher les sentiers dangereux de la Gorge, mais maintenant que nous sommes si près du but, l'excitation laisse place au doute. Qu'arrive-t-il si ma mère ne peut compléter le parcours ou si elle se blesse en chemin? Aurais-je finalement trouvé un défi que nous ne pourrons affronter ensemble? Comme dirait ma mère ''Soon find out!''... mais pendant tout ce temps, je ne me doute aucunement qu'un obstacle beaucoup plus grand que la fatigue menace notre duo...    

Wednesday, May 23, 2012

Dali: Le bonheur des uns...

Nous avons rendez-vous avec Luxi, la responsable de l'école de cuisine ''Rice and Friends'', à 10h devant le Bad Monkey Bar de Dali. Cet établissement clairement reconnu comme l'endroit par excellence pour les étrangers détonne des petites ruelles chinoises par son grand écriteau massif en billots et ses tables faites à même de gigantesques scies à bois aménagées dans la rue. Alors que nous attendons notre guide, nous nous faisons aborder par une vendeuse déterminée à nous faire acheter des bijoux en argent et à me faire sentir coupable de marchander au prix local, un cadeau pour ma mère.  ''Come on, it is for your beautiful MOTHER, you can pay it!'', me dit-elle scandalisée que j'essai de faire baisser le prix de ses boucles d'oreilles à quelque chose de plus raisonnable. ''I know, but still, you will not get me for the tourist price'' je lui confirme alors que j'examine sa marchandise pour une seconde fois. Juste à temps, notre géniale guide arrive sur son vélo, les cheveux encore humides de sa douche rapide pour nous annoncer que notre leçon devra attendre au lendemain, car ma confirmation tardive ne lui a pas permis de préparer son cours. Bien entendu, nous acceptons avec plaisir de retarder notre expérience culinaire en préparant tout de même notre plan pour la journée. Il y aura sans doute plusieurs autres journées magnifiques en Chine, mais seulement une seule occasion de cuisiner de la vraie gastronomie locale!



''So, do you know where we can get some train tickets to Lijiang'', je demande à notre nouvelle amie alors qu'elle nous accompagne le long des boutiques vers la rue principale. ''Of course! I take you there, just follow me!''. Et c'est aussi simple que ça, d'un seul coup, elle met un stop à ses propres activités pour nous aider et se promener dans Dali. Nous suivons la jeune femme entre les vendeurs et visiteurs jusqu'au seul bureau touristique qui se dit vendre des billets pour le train jusqu'à Lijiang.  Bien entendu, nous pourrions prendre un autobus, mais la perspective de se retrouver confinée à ce moyen de transport merdique pour plusieurs autres heures, nous encourage à persévérer pour trouver des billets de train. En effet, le trajet de train prend seulement 1h30 alors que l'autobus peut prendre jusqu'à 3h30 et même plutôt 6h si la malchance frappe de nouveau... et dieu seul sait que nous avons affonté toutes les embuches possibles jusqu'à présent dans nos moyens de transport. Il vaut mieux ne pas tenter le destin et le choix est un ''no-brainer'', nous insisterons pour monter à bord du train. Mauvaise nouvelle, alors que Luxi discute avec les propriétaires du bureau, je comprends qu'ils ne peuvent nous assurer des billets et nous devrons nous rendre au centre-ville pour nous procurer nos tickets en main propre. Heureusement, nous n'avons rien de prévu et c'est en disant un bref ''à demain'' à notre sympathique guide que nous grimpons dans un taxi pour la station de train de Dali.

Après nous être procurées nos billets, nous réalisons que nous pourrions probablement bénéficier d'un peu de repos alors nous retrouvons notre chambre d'hôtel en fin d'après-midi pour regarder un film dans le comfort de notre chambre. Ce n'est que plusieurs heures plus tard que nous refaisons surface pour profiter de la fin de l'après-midi à Dali. En prenant un verre à l'auberge, nous remarquons tout de suite un groupe d'enfants blonds jouant à la table de billard de l'hôtel. Cinq clônes parfait d'une petite famille  blonde- ils doivent vraiment créer des accidents en ville. Après avoir discuté avec leur parents, ils nous expliquent qu'ils sont une famille française profitant d'un long congé en Asie pour explorer les pays avoisinants avec leurs enfants. Leur nombreuse progéniture, un jeune garçon de 15 ans, sa soeur d'environ 13 ans et trois petits jusqu'au bas âge de 5 ans, jouent ensemble dans la poussière, appréciant les charmes de la campagne chinoise. Connaissant les obstacles présents dans une virée orientale aussi vaste, nous avons de la difficulté à comprendre comment ils peuvent déraciner leurs meute de 5 enfants pendant presque 8 mois et se déplacer entre les villes avec facilité. C'est difficile de ne pas juger leur projet, pensant seulement à l'éducation des enfants, le nombre impressionnant de baggages et la possibilité de malaises médicaux. Mais pour moi, ce qui me dérange le plus dans tout ça, c'est que ces pauvres enfants grandiront en ayant déjà tout vu! ''Le Taj Mahal?! Bof, j'y étais à 7 ans...''  Ils doivent soit être vraiment épanouis... ou attendre le retour en France en comptant les dodos. Et ils n'ont pas pris le chemin facile, visitant jusqu'à présent le Burma, l'Inde, la Laos, le Vietnam, la Thailande et la Chine. En discutant plus longuement avec le père, nous semblons comprendre qu'il est la source de cette idée particulière, voulant sûrement asouvir son envie de voyage alors que sa famille suit du mieux qu'ils le peuvent à l'arrière. Bref, nous sommes presque sympathiques à leur idée jusqu'à ce qu'il se mette à discuter leur voyage imminent à Lijiang.

- ''Alors, vous pensez aller à Lijiang'', je leur demande curieuse.
- ''Ah oui, nous allons faire le Tiger Leaping Gorge!'', de répondre le père, totalement confiant.
- ''Ah vraiment!'', je répond curieuse de savoir comment il compte porter sa fillette de 5 ans à travers les 17 kilomètres de la première journée de randonnée.
- ''Oui, oui, sans problème! En fait, c'est plutôt mental et même si on peut le faire en 1 jour, nous allons le faire en deux pour laisser une chance aux enfants...'' me répond-t-il de tac au tac, un grand sourire aux lèvres.
- ...

Wow, le Tiger Leaping Gorge est une randonnées pédestre vraiment difficile, voir même dangereuse et je m'habitue seulement tranquillement à l'idée d'y amener ma mère qui est en excellente forme. Nous avons déjà optée pour la formule de deux jours, car quoi que ce soit de moins long serait impossible, mais ce connard pense franchement pouvoir l'accomplir en deux jour avec tous ses enfants et leurs petites jambes... Et sur ce, il perd totalement tout le capital de sympathie que nous pouvions avoir pour lui. Il réalise clairement son ''trip'' de voyageur, en dépit de sa famille qui souffrira peut-être des conséquences... En tout cas, ce n'est pas facile de ne pas juger quand on fait face à une insousciance si flagrante et nous leur souhaitons bonne chance, en priant pour qu'il n'arrive rien de grâve aux enfants... lui, en ce qui me concerne, il peut bien tomber dans le précipice...Tout ce que je peux imaginer à ce point est la pauvre petite filette blonde qui joue avec la jeep en plastique de l'auberge, se faisant traîner le long des sentiers tortueux de la gorge...


Finalement, nous décidons de terminer la soirée au Bad Monkey Bar, devant une énorme platée de frites maisons, observant la faune ''locale'' d'étrangers aux dread locks qui accueillent les touristes chinois dans leur bar comme un mal nécessaire à leur revenu mensuel. À l'entrée de l'établissement, une grande femme blonde à la fin de la trentaine se tient devant une tablée de bijoux maisons vendant son artisanat à grands coups de bâtement de cils surdimensionnés et de tortillement de ses mêches blondes. En fait, c'est probablement le secret de son succès - elle pourrait vendre des créations faites à même des attaches de sacs de vidange, si elle accepte de prendre des photos avec les acheteurs potentiels chinois - et elle le sait, et reçoit son profit exactement de cette manière. Rien n'est tabou à Dali, pas même le traffic de son image pour un profit. Ça c'est le côté un peu moins ''Peace and Love'' des locaux du coin...

Dali: Kumbaya les gars?

Quelque part sur la très longue autoroute entre Kunming et Dali, et juste au moment où nous allons découvrir le punch du film hollywoodien doublé en chinois qui joue dans l'autobus - le normalement ''archi-nul'' acteur d'action chauve préféré de mon père semble d'ailleurs donner sa meilleure performance à vie... grâce au doublage chinois sans aucun doute! - le moteur s'arrête d'un coup sec. ''Merde! Panne d'essence?!'', ''Non, non, il semble juste y avoir un petit bouchon'', me confirme ma mère en penchant sa tête dans l'allée. Mais nous ne parlons pas ici d'un peu de traffic, mais bien d'une ligne de voitures s'étirant sur des centaines de mètres le long de la route longeant la montagne. Les gens commencent même à sortir des véhicules pour s'allumer des cigarettes ou prendre un peu d'air alors je décide, à ce moment-là, de finalement lâcher prise sur mon ambition de pouvoir contrôler chaque aspect de notre voyage. Quelqu'un, quelque part veut tester ma patience. ''Décidemment Andréanne, on a vraiment pas de chance avec nos transports!'', me confime ma mère en rigolant. En effet... Notre journée de transit qui aurait normalement dû se compléter en 4 heures maximum, s'étire maintenant depuis au moins 7 heures et notre modeste déjeuner de yogurt et granola à Kunming semble vraiment très loin.

À l'extérieur du véhicule, nous nous étirons au soleil sur le garde-fou et sommes bien vite rejoint par un voyageur qui partageait notre auberge à Kunming et avec qui nous avions échangé quelques plaisanteries la veille. Il s'appelle Kostas, vient de la Grèce et a fait un arrêt en Chine pendant son ''road-trip'' asiatique. Nous rions ensemble de la situation alors qu'il nous avoue ne pas comprendre la moitié des choses qui se passent autour de lui - ahh comme je sympatise avec lui... - et nous lui donnons quelques clémentines, prenant pitié de son air affamé de ''deer in the headlights'' chinois. Il se dirige aussi vers Dali et notre mésaventures en autobus devient un bon moment de rigolade impromptu entre étrangers. Nous bronzons au soleil pendant qu'à quelques kilomètres plus loin, le police chinoise s'occupe de l'accident. Dans une telle situation, il vaut véritablement mieux accepter le conte-temps pour ce qu'il est: une opportunité imprévue de prendre des couleurs.

Finalement, nous arrivons à la station d'autobus vers 18h30 et je reviens rapidement sur terre en voyant un groupe de chauffeurs/vautours chinois regardant nos sacs à dos dans la soute à baggage avec envie. ''Maman, vite, je dois descendre!''. Étant donné que j'ai rarement voyagé en autobus en Chine et que j'ai fait beaucoup de lecture traumatisante sur le sujet, j'ai toujours la peur de me faire voler mes baggages alors que je suis assise bien tranquillement dans le véhicule en attendant d'arriver à destination. Alors, je ne fais ni une, ni deux et m'empare de nos gros sacs avec détermination sous l'oeil surpris des chauffeurs qui n'ont même pas le temps d'essayer de nous embobinner dans leur arnaque. L'important n'est pas de savoir où aller, mais bien de s'y rendre avec confiance. C'est donc avec le regard bien fixé sur la sortie que nous séparons la foule en ignorant les marchandeurs pour trouver un chauffeur voulant nous conduire jusqu'à l'ancienne ville de Dali. Malheureusement, mon estomac creux m'empêche de bien négocier et nous acceptons un tarif plus élevé espérant quitter cette partie sordide de la ville avant la nuit. Avant de quitter le stationnement, j'éprouve quelques remords de ne pas avoir demandé à Kostas s'il voulait partager notre véhicule, mais j'obtiens une deuxième chance alors que notre taxi passe devant lui pendant qu'il tente de négocier son propre tuk-tuk. ''Kostas! Are you going to the old city? Hop in!'', je lui crie de la fenêtre alors qu'il s'engouffre dans le véhicule avec un grand sourire. ''Thank you so very much guys'', ahhh, il est vraiment super poli et ça me confirme que parfois ça vaut la peine de faire une bonne action!

La partie moderne de Dali ressemble exactement à toutes les autres grandes villes chinoises, mais lorsque nous quittons les édifices intimidants pour suivre le grand lac jusqu'à l'ancienne ville, nous comprenons mieux pourquoi cette ville se classe au sommet du palmarès des sites à voir du Yunnan (et peut-être même de la Chine entière!) . Le long du lac, les murs de la vieille ville se dressent impressionnants et clôturent les anciens bâtiments et leurs habitants dans une cité chinoise enchanteresse. À travers les rues piétonnes, des dizaines de petits cafés aménagés de sofas recouverts d'oreillers arc-en-ciel attirent les touristes sous leurs lanternes de tissus multicolores pour prendre un verre. Mais avant d'explorer les petites boutiques et de rencontrer leurs habitants souriants, nous trouvons finalement notre hôtel. Le Jade Roo/ Jade Emu est une magnifique auberge australienne aménagée dans une cour intérieure ensoleillée et suite à notre séjour incroyable à Kunming, nous ne pouvons croire notre chance. Cet établissement mérite véritablement 5 étoiles et notre chambre propre et spatieuse nous donne envie de déposer nos sacs pour de bon pour joindre la commune! Affamées, nous partageons avec appétît plusieurs plats du menu suivi de deux gigantesques bières alors que la fatigue du transport commence finalement à nous rattraper. Dali est paisible, mystérieuse et nous transporte dans un temps beaucoup plus simple, où la fumée des herbes locales abondantes envoutait les touristes et leur promettait de rejoindre, ne serait-ce que pour un court moment, le mystérieux Shangri-la de James Hilton. Ici, la vie semble réduite à son plus simple appareil: Du plaisir, de la bonne compagnie et aucune responsabilité.

Ce soir-là, nous nous couchons dans notre petit lit douillet sans aucun soucis et en attendant avec impatience le lendemain pour assister à notre cours de cuisine à saveur locale de l'école ''Rice and Friends'' de Dali.