Il n'y d'autres mots pour décrire l'école de cuisine Rice and Friends de Dali que FANTASTIQUE! Si on m'avait dit il y a un an que j'apprendrais finalement à cuisiner (avec succès) quoi que ce soit qui ressemble de loin à de la véritable cuisine chinoise, je vous aurais dit: ''Pfff.. vous êtes complètement fou, ça prend de la magie noire ou une très longue lignée de sang chinois...''. Mais non, sous l'oeil attentif de Luxi, nous avons passé un des moments les plus mémorables de notre voyage en Chine dans sa petite cuisine à ciel ouvert de Dali.
Tel que convenu, elle nous a rencontrées pour la seconde fois devant le Bad Monkey Bar, équipée cette fois-ci de petits paniers en osiers mignons pour les emplettes et nous l'avons suivi jusqu'au marché extérieur de la ville avec beaucoup d'enthousiasme. J'avais déjà fait mes emplettes à maintes reprises au marché de Shangqiu, mais de pouvoir finalement demander ce que sont les fruits bizarres et autres objets non identifiés marinant dans l'huile épicée était un véritable plaisir. De kiosque en kiosque, nous nous sommes procuré les piments, échalotes, tofus et autres produits frais locaux pour notre cours, tout en permettant à ma mère de s'étonner devant la boucherie à ciel ouvert et les vendeurs de poisson itinérants. Un marché chinois est l'endroit où vous testerez véritablement vos aptitudes à participer à ''Fear Factor'' et si vous êtes trop curieux, perdrez aussi probablement votre appétit... mais il n'y a rien à craindre car Luxi, nous a amenées pour la visite ''spéciale touriste'', laissant de côté les allées où s'exécute la boucherie et l'achat de parties de viande plus savoureuses... aux yeux des Chinois. Malgré tous ses efforts, nous nous sommes tout de même retrouvées face à face avec un amputé chinois sur un skate-board chantant avec force dans sa machine a karaoké pour obtenir quelques dons. En fait, le plus triste dans tout ça, c'est que l'homme semble avoir justement été amputé par la bouchère du coin plutôt qu'à l'hôpital et nous avons de la difficulté à détourner notre regard de son corps ravagé par les brûlures, les cicatrices et autres plaies. Certains mendiants chinois se retrouveront dans leur situation après un cas extrême de brutalité policière, d'autres sont des vétérans mutilés et quelques-uns ont subi des lésions à la naissance et passent leur vie à quêter au coin de la rue, leurs plaies exposés à la vue de tous. Ça brise et lève le coeur en même temps... L'absence d'aide sociale pour les handicapés les forces à dépendre de la générosité de leurs concitoyens, instaurant une certaine loi de la jungle en Chine et me faisant remercier le ciel d'être née au Canada.
Finalement, quand nous avons tous les ingrédients nécessaires, nous retournons à l'école de Luxi, où elle nous amène dans une petite cour intérieure ensoleillée où trois plans de travail complets avec des woks sont installés. Elle profite du moment où sa sous-chef organise nos services pour nous expliquer les différentes huiles et sauces utiles pour la confection de repas chinois authentiques et nous en apprenons des tonnes sur la gastronomie orientale. Au loin, la montagne de Dali surplombe son jardin, nous offrant une vue imprenable à même notre petit plan de travail à ciel ouvert. C'est magique. Après avoir enfilé nos tabliers, nous nous installons derrière nos planches et commençons à couper les légumes pour notre salade froide au tofu. A priori, je ne suis pas tellement une fan du tofu, mais mélangé avec des ingrédients frais et baignant dans une vinaigrette au gingembre, c'est succulent! Nous mangeons avec appétit, remerciant notre bonne fortune d'avoir pris part à ce cours et de nous avoir permis de déguster notre premier vrai bon repas chinois depuis le début de notre voyage.
Ensuite, nous nous mettons au travail pour compléter une recette d'aubergine épicée et de poulet Kung-Pao, sous l'oeil expert de notre chef, qui nous enseigne les subtilités de la variation des températures du Wok. À plusieurs reprises, elle félicite ma mère pour son maniement expert du couteau et j'observe avec fierté les petites bouchées égales qu'elle arrive à produire... comme on dit par chez nous, j'ai encore des croûtes à manger pour atteindre l'expertise maternelle! Concentrées comme si nos vies en dépendaient, nous jouons avec le contrôle du Wok, reculant lorsque l'huile gicle un peu trop proche de nos petits bras, mais prenant un malin plaisir à voir la sauce changer de couleur et enrober les ingrédients dans un résultat salivant. Finalement, nous approchons nos créations culinaires de la table et partageons le fruit de notre labeur en discutant avec Luxi de son parcours. Elle nous raconte ses multiples voyages en Europe et nous avons de la difficulté à croire que cette jeune femme, qui semble n'avoir plus de trente ans, a vraiment vu autant de pays. C'est incroyable! Le ventre finalement bien plein, nous la remercions pour son incroyable cours et lui payons les 150 yuans (20$) chacune pour cette expérience inoubliable. Cette petite après-midi en plein air à Dali restera un des points forts de notre voyage.
Après avoir récupéré nos bagages à l'auberge - un petit pincement au coeur de devoir quitter un endroit si magique - nous nous rendons ensuite au centre-ville de Dali pour attraper un train jusqu'à Lijiang. J'ai très hâte de pouvoir faire partager l'expérience ferroviaire à ma mère, mais lorsque le train arrive finalement en gare, je commence à douter que nous allons bien apprécier notre trajet. Dans chacun des wagons, les fenêtres sont toutes embuées et la condensation coule abondamment dans les vitres... ''YARRRKKK'', crie mon subconscient qui ne se doutait pas qu'il allait devoir entrer dans un sauna chinois cet après-midi. Chacun des compartiments du train est rempli à capacité et même l'arrêt à Dali ne fait pas baisser le nombre de passagers debout dans le véhicule. Je suis ma mère à l'intérieur qui s'arrête net lorsque la foule cesse d'avancer: ''Euh maman, je suis désolée, mais tu vas devoir pousser parce que nous ne nous rendrons jamais à notre siège à cette vitesse..'', et j'ai malheureusement bien raison, car le bouchon de circulation humain est composé des passagers sans billets qui resteront sur leurs pieds jusqu'à Lijiang.
Bien évidemment, quand on atteint finalement notre banquette, les 5 jeunes Chinois qui y sont assis font semblant de ne pas nous voir. ''Qing... wo men de zou! (Pardon, ce sont nos sièges)'', que je leur annonce avec toute l'autorité que j'arrive à imposer alors que je me liquéfie lentement sur le tapis sale du wagon et que je sue du front abondamment. Bzzziibzziiztt (bruit de mouche) - personne ne bronche. Ils décident de tous transporter leur regard vers la fenêtre alors que je m'impatiente... oufff, ils ne savent pas ce qu'ils vont réveiller s'ils ne grouillent pas... et ça arrive, je me transforme en Incroyable Hulk toute rouge alors que je me mets à faire de grands mouvements et à lever la voix pour qu'ils se déplacent. Ne pouvant plus ignorer la bête sauvage dans leur compartiment, ils se lèvent, mais arrivent quand même à squeezer le plus de passagers possible dans le petit trou restant sur notre siège. La bataille est gagnée, mais je dois tout de même écouter la jeune femme devant nous critiquer les ''stupid foreigners'' qui ont pris le siège de leur ami alors qu'elle part dans un très long discours enragé...3....2....1.... Ipod! Tout en écoutant ma musique, je regarde ma mère du coin de l'oeil qui s'empêche difficilement de sortir sa caméra pour prendre quelques photos de notre wagon bondé - Il ne manquerait qu'un gars qui sort sa tête et ses bras par la fenêtre et un fumeur qui nous botche dessus pour violer toutes les lois possibles du train chinois - Enfin, prendre des photos, ne ferait que repartir la vague de commentaires assassins alors nous prenons de grandes respirations jusqu'à Lijiang et se disant que nos pores de peau seront vraiment très bien dilatés à notre arrivée.
''Hallelujah'', la gare de Lijiang est en vue et c'est après avoir laissé une montagne derrière nous à Dali, que nous en découvrons une autre qui surplombe la ville à notre nouvelle destination. Vraiment le Yunnan, c'est incomparable! Mais vraiment, la seule chose qui me passe par la tête à ce moment c'est que nous nous rapprochons de plus en plus du Tiger Leaping Gorge - l'excursion responsable en grande partie de notre visite des terres si reculées de la Chine. Depuis que j'ai lu le récit de J. Marteen Troost ''Lost on Planet China'', je rêve de marcher les sentiers dangereux de la Gorge, mais maintenant que nous sommes si près du but, l'excitation laisse place au doute. Qu'arrive-t-il si ma mère ne peut compléter le parcours ou si elle se blesse en chemin? Aurais-je finalement trouvé un défi que nous ne pourrons affronter ensemble? Comme dirait ma mère ''Soon find out!''... mais pendant tout ce temps, je ne me doute aucunement qu'un obstacle beaucoup plus grand que la fatigue menace notre duo...
Tel que convenu, elle nous a rencontrées pour la seconde fois devant le Bad Monkey Bar, équipée cette fois-ci de petits paniers en osiers mignons pour les emplettes et nous l'avons suivi jusqu'au marché extérieur de la ville avec beaucoup d'enthousiasme. J'avais déjà fait mes emplettes à maintes reprises au marché de Shangqiu, mais de pouvoir finalement demander ce que sont les fruits bizarres et autres objets non identifiés marinant dans l'huile épicée était un véritable plaisir. De kiosque en kiosque, nous nous sommes procuré les piments, échalotes, tofus et autres produits frais locaux pour notre cours, tout en permettant à ma mère de s'étonner devant la boucherie à ciel ouvert et les vendeurs de poisson itinérants. Un marché chinois est l'endroit où vous testerez véritablement vos aptitudes à participer à ''Fear Factor'' et si vous êtes trop curieux, perdrez aussi probablement votre appétit... mais il n'y a rien à craindre car Luxi, nous a amenées pour la visite ''spéciale touriste'', laissant de côté les allées où s'exécute la boucherie et l'achat de parties de viande plus savoureuses... aux yeux des Chinois. Malgré tous ses efforts, nous nous sommes tout de même retrouvées face à face avec un amputé chinois sur un skate-board chantant avec force dans sa machine a karaoké pour obtenir quelques dons. En fait, le plus triste dans tout ça, c'est que l'homme semble avoir justement été amputé par la bouchère du coin plutôt qu'à l'hôpital et nous avons de la difficulté à détourner notre regard de son corps ravagé par les brûlures, les cicatrices et autres plaies. Certains mendiants chinois se retrouveront dans leur situation après un cas extrême de brutalité policière, d'autres sont des vétérans mutilés et quelques-uns ont subi des lésions à la naissance et passent leur vie à quêter au coin de la rue, leurs plaies exposés à la vue de tous. Ça brise et lève le coeur en même temps... L'absence d'aide sociale pour les handicapés les forces à dépendre de la générosité de leurs concitoyens, instaurant une certaine loi de la jungle en Chine et me faisant remercier le ciel d'être née au Canada.
Finalement, quand nous avons tous les ingrédients nécessaires, nous retournons à l'école de Luxi, où elle nous amène dans une petite cour intérieure ensoleillée où trois plans de travail complets avec des woks sont installés. Elle profite du moment où sa sous-chef organise nos services pour nous expliquer les différentes huiles et sauces utiles pour la confection de repas chinois authentiques et nous en apprenons des tonnes sur la gastronomie orientale. Au loin, la montagne de Dali surplombe son jardin, nous offrant une vue imprenable à même notre petit plan de travail à ciel ouvert. C'est magique. Après avoir enfilé nos tabliers, nous nous installons derrière nos planches et commençons à couper les légumes pour notre salade froide au tofu. A priori, je ne suis pas tellement une fan du tofu, mais mélangé avec des ingrédients frais et baignant dans une vinaigrette au gingembre, c'est succulent! Nous mangeons avec appétit, remerciant notre bonne fortune d'avoir pris part à ce cours et de nous avoir permis de déguster notre premier vrai bon repas chinois depuis le début de notre voyage.
Ensuite, nous nous mettons au travail pour compléter une recette d'aubergine épicée et de poulet Kung-Pao, sous l'oeil expert de notre chef, qui nous enseigne les subtilités de la variation des températures du Wok. À plusieurs reprises, elle félicite ma mère pour son maniement expert du couteau et j'observe avec fierté les petites bouchées égales qu'elle arrive à produire... comme on dit par chez nous, j'ai encore des croûtes à manger pour atteindre l'expertise maternelle! Concentrées comme si nos vies en dépendaient, nous jouons avec le contrôle du Wok, reculant lorsque l'huile gicle un peu trop proche de nos petits bras, mais prenant un malin plaisir à voir la sauce changer de couleur et enrober les ingrédients dans un résultat salivant. Finalement, nous approchons nos créations culinaires de la table et partageons le fruit de notre labeur en discutant avec Luxi de son parcours. Elle nous raconte ses multiples voyages en Europe et nous avons de la difficulté à croire que cette jeune femme, qui semble n'avoir plus de trente ans, a vraiment vu autant de pays. C'est incroyable! Le ventre finalement bien plein, nous la remercions pour son incroyable cours et lui payons les 150 yuans (20$) chacune pour cette expérience inoubliable. Cette petite après-midi en plein air à Dali restera un des points forts de notre voyage.
Après avoir récupéré nos bagages à l'auberge - un petit pincement au coeur de devoir quitter un endroit si magique - nous nous rendons ensuite au centre-ville de Dali pour attraper un train jusqu'à Lijiang. J'ai très hâte de pouvoir faire partager l'expérience ferroviaire à ma mère, mais lorsque le train arrive finalement en gare, je commence à douter que nous allons bien apprécier notre trajet. Dans chacun des wagons, les fenêtres sont toutes embuées et la condensation coule abondamment dans les vitres... ''YARRRKKK'', crie mon subconscient qui ne se doutait pas qu'il allait devoir entrer dans un sauna chinois cet après-midi. Chacun des compartiments du train est rempli à capacité et même l'arrêt à Dali ne fait pas baisser le nombre de passagers debout dans le véhicule. Je suis ma mère à l'intérieur qui s'arrête net lorsque la foule cesse d'avancer: ''Euh maman, je suis désolée, mais tu vas devoir pousser parce que nous ne nous rendrons jamais à notre siège à cette vitesse..'', et j'ai malheureusement bien raison, car le bouchon de circulation humain est composé des passagers sans billets qui resteront sur leurs pieds jusqu'à Lijiang.
Bien évidemment, quand on atteint finalement notre banquette, les 5 jeunes Chinois qui y sont assis font semblant de ne pas nous voir. ''Qing... wo men de zou! (Pardon, ce sont nos sièges)'', que je leur annonce avec toute l'autorité que j'arrive à imposer alors que je me liquéfie lentement sur le tapis sale du wagon et que je sue du front abondamment. Bzzziibzziiztt (bruit de mouche) - personne ne bronche. Ils décident de tous transporter leur regard vers la fenêtre alors que je m'impatiente... oufff, ils ne savent pas ce qu'ils vont réveiller s'ils ne grouillent pas... et ça arrive, je me transforme en Incroyable Hulk toute rouge alors que je me mets à faire de grands mouvements et à lever la voix pour qu'ils se déplacent. Ne pouvant plus ignorer la bête sauvage dans leur compartiment, ils se lèvent, mais arrivent quand même à squeezer le plus de passagers possible dans le petit trou restant sur notre siège. La bataille est gagnée, mais je dois tout de même écouter la jeune femme devant nous critiquer les ''stupid foreigners'' qui ont pris le siège de leur ami alors qu'elle part dans un très long discours enragé...3....2....1.... Ipod! Tout en écoutant ma musique, je regarde ma mère du coin de l'oeil qui s'empêche difficilement de sortir sa caméra pour prendre quelques photos de notre wagon bondé - Il ne manquerait qu'un gars qui sort sa tête et ses bras par la fenêtre et un fumeur qui nous botche dessus pour violer toutes les lois possibles du train chinois - Enfin, prendre des photos, ne ferait que repartir la vague de commentaires assassins alors nous prenons de grandes respirations jusqu'à Lijiang et se disant que nos pores de peau seront vraiment très bien dilatés à notre arrivée.
''Hallelujah'', la gare de Lijiang est en vue et c'est après avoir laissé une montagne derrière nous à Dali, que nous en découvrons une autre qui surplombe la ville à notre nouvelle destination. Vraiment le Yunnan, c'est incomparable! Mais vraiment, la seule chose qui me passe par la tête à ce moment c'est que nous nous rapprochons de plus en plus du Tiger Leaping Gorge - l'excursion responsable en grande partie de notre visite des terres si reculées de la Chine. Depuis que j'ai lu le récit de J. Marteen Troost ''Lost on Planet China'', je rêve de marcher les sentiers dangereux de la Gorge, mais maintenant que nous sommes si près du but, l'excitation laisse place au doute. Qu'arrive-t-il si ma mère ne peut compléter le parcours ou si elle se blesse en chemin? Aurais-je finalement trouvé un défi que nous ne pourrons affronter ensemble? Comme dirait ma mère ''Soon find out!''... mais pendant tout ce temps, je ne me doute aucunement qu'un obstacle beaucoup plus grand que la fatigue menace notre duo...
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