Nous avons rendez-vous avec Luxi, la responsable de l'école de cuisine ''Rice and Friends'', à 10h devant le Bad Monkey Bar de Dali. Cet établissement clairement reconnu comme l'endroit par excellence pour les étrangers détonne des petites ruelles chinoises par son grand écriteau massif en billots et ses tables faites à même de gigantesques scies à bois aménagées dans la rue. Alors que nous attendons notre guide, nous nous faisons aborder par une vendeuse déterminée à nous faire acheter des bijoux en argent et à me faire sentir coupable de marchander au prix local, un cadeau pour ma mère. ''Come on, it is for your beautiful MOTHER, you can pay it!'', me dit-elle scandalisée que j'essai de faire baisser le prix de ses boucles d'oreilles à quelque chose de plus raisonnable. ''I know, but still, you will not get me for the tourist price'' je lui confirme alors que j'examine sa marchandise pour une seconde fois. Juste à temps, notre géniale guide arrive sur son vélo, les cheveux encore humides de sa douche rapide pour nous annoncer que notre leçon devra attendre au lendemain, car ma confirmation tardive ne lui a pas permis de préparer son cours. Bien entendu, nous acceptons avec plaisir de retarder notre expérience culinaire en préparant tout de même notre plan pour la journée. Il y aura sans doute plusieurs autres journées magnifiques en Chine, mais seulement une seule occasion de cuisiner de la vraie gastronomie locale!
''So, do you know where we can get some train tickets to Lijiang'', je demande à notre nouvelle amie alors qu'elle nous accompagne le long des boutiques vers la rue principale. ''Of course! I take you there, just follow me!''. Et c'est aussi simple que ça, d'un seul coup, elle met un stop à ses propres activités pour nous aider et se promener dans Dali. Nous suivons la jeune femme entre les vendeurs et visiteurs jusqu'au seul bureau touristique qui se dit vendre des billets pour le train jusqu'à Lijiang. Bien entendu, nous pourrions prendre un autobus, mais la perspective de se retrouver confinée à ce moyen de transport merdique pour plusieurs autres heures, nous encourage à persévérer pour trouver des billets de train. En effet, le trajet de train prend seulement 1h30 alors que l'autobus peut prendre jusqu'à 3h30 et même plutôt 6h si la malchance frappe de nouveau... et dieu seul sait que nous avons affonté toutes les embuches possibles jusqu'à présent dans nos moyens de transport. Il vaut mieux ne pas tenter le destin et le choix est un ''no-brainer'', nous insisterons pour monter à bord du train. Mauvaise nouvelle, alors que Luxi discute avec les propriétaires du bureau, je comprends qu'ils ne peuvent nous assurer des billets et nous devrons nous rendre au centre-ville pour nous procurer nos tickets en main propre. Heureusement, nous n'avons rien de prévu et c'est en disant un bref ''à demain'' à notre sympathique guide que nous grimpons dans un taxi pour la station de train de Dali.
Après nous être procurées nos billets, nous réalisons que nous pourrions probablement bénéficier d'un peu de repos alors nous retrouvons notre chambre d'hôtel en fin d'après-midi pour regarder un film dans le comfort de notre chambre. Ce n'est que plusieurs heures plus tard que nous refaisons surface pour profiter de la fin de l'après-midi à Dali. En prenant un verre à l'auberge, nous remarquons tout de suite un groupe d'enfants blonds jouant à la table de billard de l'hôtel. Cinq clônes parfait d'une petite famille blonde- ils doivent vraiment créer des accidents en ville. Après avoir discuté avec leur parents, ils nous expliquent qu'ils sont une famille française profitant d'un long congé en Asie pour explorer les pays avoisinants avec leurs enfants. Leur nombreuse progéniture, un jeune garçon de 15 ans, sa soeur d'environ 13 ans et trois petits jusqu'au bas âge de 5 ans, jouent ensemble dans la poussière, appréciant les charmes de la campagne chinoise. Connaissant les obstacles présents dans une virée orientale aussi vaste, nous avons de la difficulté à comprendre comment ils peuvent déraciner leurs meute de 5 enfants pendant presque 8 mois et se déplacer entre les villes avec facilité. C'est difficile de ne pas juger leur projet, pensant seulement à l'éducation des enfants, le nombre impressionnant de baggages et la possibilité de malaises médicaux. Mais pour moi, ce qui me dérange le plus dans tout ça, c'est que ces pauvres enfants grandiront en ayant déjà tout vu! ''Le Taj Mahal?! Bof, j'y étais à 7 ans...'' Ils doivent soit être vraiment épanouis... ou attendre le retour en France en comptant les dodos. Et ils n'ont pas pris le chemin facile, visitant jusqu'à présent le Burma, l'Inde, la Laos, le Vietnam, la Thailande et la Chine. En discutant plus longuement avec le père, nous semblons comprendre qu'il est la source de cette idée particulière, voulant sûrement asouvir son envie de voyage alors que sa famille suit du mieux qu'ils le peuvent à l'arrière. Bref, nous sommes presque sympathiques à leur idée jusqu'à ce qu'il se mette à discuter leur voyage imminent à Lijiang.
- ''Alors, vous pensez aller à Lijiang'', je leur demande curieuse.
- ''Ah oui, nous allons faire le Tiger Leaping Gorge!'', de répondre le père, totalement confiant.
- ''Ah vraiment!'', je répond curieuse de savoir comment il compte porter sa fillette de 5 ans à travers les 17 kilomètres de la première journée de randonnée.
- ''Oui, oui, sans problème! En fait, c'est plutôt mental et même si on peut le faire en 1 jour, nous allons le faire en deux pour laisser une chance aux enfants...'' me répond-t-il de tac au tac, un grand sourire aux lèvres.
- ...
Wow, le Tiger Leaping Gorge est une randonnées pédestre vraiment difficile, voir même dangereuse et je m'habitue seulement tranquillement à l'idée d'y amener ma mère qui est en excellente forme. Nous avons déjà optée pour la formule de deux jours, car quoi que ce soit de moins long serait impossible, mais ce connard pense franchement pouvoir l'accomplir en deux jour avec tous ses enfants et leurs petites jambes... Et sur ce, il perd totalement tout le capital de sympathie que nous pouvions avoir pour lui. Il réalise clairement son ''trip'' de voyageur, en dépit de sa famille qui souffrira peut-être des conséquences... En tout cas, ce n'est pas facile de ne pas juger quand on fait face à une insousciance si flagrante et nous leur souhaitons bonne chance, en priant pour qu'il n'arrive rien de grâve aux enfants... lui, en ce qui me concerne, il peut bien tomber dans le précipice...Tout ce que je peux imaginer à ce point est la pauvre petite filette blonde qui joue avec la jeep en plastique de l'auberge, se faisant traîner le long des sentiers tortueux de la gorge...
Finalement, nous décidons de terminer la soirée au Bad Monkey Bar, devant une énorme platée de frites maisons, observant la faune ''locale'' d'étrangers aux dread locks qui accueillent les touristes chinois dans leur bar comme un mal nécessaire à leur revenu mensuel. À l'entrée de l'établissement, une grande femme blonde à la fin de la trentaine se tient devant une tablée de bijoux maisons vendant son artisanat à grands coups de bâtement de cils surdimensionnés et de tortillement de ses mêches blondes. En fait, c'est probablement le secret de son succès - elle pourrait vendre des créations faites à même des attaches de sacs de vidange, si elle accepte de prendre des photos avec les acheteurs potentiels chinois - et elle le sait, et reçoit son profit exactement de cette manière. Rien n'est tabou à Dali, pas même le traffic de son image pour un profit. Ça c'est le côté un peu moins ''Peace and Love'' des locaux du coin...
''So, do you know where we can get some train tickets to Lijiang'', je demande à notre nouvelle amie alors qu'elle nous accompagne le long des boutiques vers la rue principale. ''Of course! I take you there, just follow me!''. Et c'est aussi simple que ça, d'un seul coup, elle met un stop à ses propres activités pour nous aider et se promener dans Dali. Nous suivons la jeune femme entre les vendeurs et visiteurs jusqu'au seul bureau touristique qui se dit vendre des billets pour le train jusqu'à Lijiang. Bien entendu, nous pourrions prendre un autobus, mais la perspective de se retrouver confinée à ce moyen de transport merdique pour plusieurs autres heures, nous encourage à persévérer pour trouver des billets de train. En effet, le trajet de train prend seulement 1h30 alors que l'autobus peut prendre jusqu'à 3h30 et même plutôt 6h si la malchance frappe de nouveau... et dieu seul sait que nous avons affonté toutes les embuches possibles jusqu'à présent dans nos moyens de transport. Il vaut mieux ne pas tenter le destin et le choix est un ''no-brainer'', nous insisterons pour monter à bord du train. Mauvaise nouvelle, alors que Luxi discute avec les propriétaires du bureau, je comprends qu'ils ne peuvent nous assurer des billets et nous devrons nous rendre au centre-ville pour nous procurer nos tickets en main propre. Heureusement, nous n'avons rien de prévu et c'est en disant un bref ''à demain'' à notre sympathique guide que nous grimpons dans un taxi pour la station de train de Dali.
Après nous être procurées nos billets, nous réalisons que nous pourrions probablement bénéficier d'un peu de repos alors nous retrouvons notre chambre d'hôtel en fin d'après-midi pour regarder un film dans le comfort de notre chambre. Ce n'est que plusieurs heures plus tard que nous refaisons surface pour profiter de la fin de l'après-midi à Dali. En prenant un verre à l'auberge, nous remarquons tout de suite un groupe d'enfants blonds jouant à la table de billard de l'hôtel. Cinq clônes parfait d'une petite famille blonde- ils doivent vraiment créer des accidents en ville. Après avoir discuté avec leur parents, ils nous expliquent qu'ils sont une famille française profitant d'un long congé en Asie pour explorer les pays avoisinants avec leurs enfants. Leur nombreuse progéniture, un jeune garçon de 15 ans, sa soeur d'environ 13 ans et trois petits jusqu'au bas âge de 5 ans, jouent ensemble dans la poussière, appréciant les charmes de la campagne chinoise. Connaissant les obstacles présents dans une virée orientale aussi vaste, nous avons de la difficulté à comprendre comment ils peuvent déraciner leurs meute de 5 enfants pendant presque 8 mois et se déplacer entre les villes avec facilité. C'est difficile de ne pas juger leur projet, pensant seulement à l'éducation des enfants, le nombre impressionnant de baggages et la possibilité de malaises médicaux. Mais pour moi, ce qui me dérange le plus dans tout ça, c'est que ces pauvres enfants grandiront en ayant déjà tout vu! ''Le Taj Mahal?! Bof, j'y étais à 7 ans...'' Ils doivent soit être vraiment épanouis... ou attendre le retour en France en comptant les dodos. Et ils n'ont pas pris le chemin facile, visitant jusqu'à présent le Burma, l'Inde, la Laos, le Vietnam, la Thailande et la Chine. En discutant plus longuement avec le père, nous semblons comprendre qu'il est la source de cette idée particulière, voulant sûrement asouvir son envie de voyage alors que sa famille suit du mieux qu'ils le peuvent à l'arrière. Bref, nous sommes presque sympathiques à leur idée jusqu'à ce qu'il se mette à discuter leur voyage imminent à Lijiang.
- ''Alors, vous pensez aller à Lijiang'', je leur demande curieuse.
- ''Ah oui, nous allons faire le Tiger Leaping Gorge!'', de répondre le père, totalement confiant.
- ''Ah vraiment!'', je répond curieuse de savoir comment il compte porter sa fillette de 5 ans à travers les 17 kilomètres de la première journée de randonnée.
- ''Oui, oui, sans problème! En fait, c'est plutôt mental et même si on peut le faire en 1 jour, nous allons le faire en deux pour laisser une chance aux enfants...'' me répond-t-il de tac au tac, un grand sourire aux lèvres.
- ...
Wow, le Tiger Leaping Gorge est une randonnées pédestre vraiment difficile, voir même dangereuse et je m'habitue seulement tranquillement à l'idée d'y amener ma mère qui est en excellente forme. Nous avons déjà optée pour la formule de deux jours, car quoi que ce soit de moins long serait impossible, mais ce connard pense franchement pouvoir l'accomplir en deux jour avec tous ses enfants et leurs petites jambes... Et sur ce, il perd totalement tout le capital de sympathie que nous pouvions avoir pour lui. Il réalise clairement son ''trip'' de voyageur, en dépit de sa famille qui souffrira peut-être des conséquences... En tout cas, ce n'est pas facile de ne pas juger quand on fait face à une insousciance si flagrante et nous leur souhaitons bonne chance, en priant pour qu'il n'arrive rien de grâve aux enfants... lui, en ce qui me concerne, il peut bien tomber dans le précipice...Tout ce que je peux imaginer à ce point est la pauvre petite filette blonde qui joue avec la jeep en plastique de l'auberge, se faisant traîner le long des sentiers tortueux de la gorge...
Finalement, nous décidons de terminer la soirée au Bad Monkey Bar, devant une énorme platée de frites maisons, observant la faune ''locale'' d'étrangers aux dread locks qui accueillent les touristes chinois dans leur bar comme un mal nécessaire à leur revenu mensuel. À l'entrée de l'établissement, une grande femme blonde à la fin de la trentaine se tient devant une tablée de bijoux maisons vendant son artisanat à grands coups de bâtement de cils surdimensionnés et de tortillement de ses mêches blondes. En fait, c'est probablement le secret de son succès - elle pourrait vendre des créations faites à même des attaches de sacs de vidange, si elle accepte de prendre des photos avec les acheteurs potentiels chinois - et elle le sait, et reçoit son profit exactement de cette manière. Rien n'est tabou à Dali, pas même le traffic de son image pour un profit. Ça c'est le côté un peu moins ''Peace and Love'' des locaux du coin...
Wow.
ReplyDeleteJ'espère que les enfants avaient de bonnes chaussures... et qu'aucun n'a été perdu en route.