Par un quelconque miracle de Buddha, le lendemain de notre randonnée, ma mère se réveille dans son (notre) petit lit de Lijiang et a retrouvé un peu de couleurs! La faim qui l'avait abandonné depuis quelques jours tenaille maintenant avec vigeur son estomac et nous sautons sur l'occasion pour débuter notre exploration des ruelles de la ville.
--------------------------------------------- Parenthèse culinaire ---------------------------------------------------
Vous savez, ce qui est le plus frustrant lorsqu'on est malade en Chine... bien entendu, autre que d'avoir une attaque de gastro explosive dans un moyen de transport (ou dans la rue... ou partout qui n'est pas la toilette de votre hôtel)? C'est que bien souvent, on aurait seulement envie de manger un bon bouillon de poulet ou quelques biscuits sodas... ou pour les téméraires, des biscuits sodas écrasés DANS le bouillon de poulet, mais la réalité de ce qui est disponible à nous mettre sous la dent nous fait instantanément revenir sur terre avec violence... et retourner se coucher en boule sous les couvertures, en se demandant qui a bien eu l'idée saugrenue de sortir manger! ''Arrgg... peut-être en 2013'', s'écrie notre pauvre corps qui pense ne jamais pouvoir regarder un autre stir-fry avec appétit et vivre une vie qui ne consiste pas entièrement à observer sa triste réflection dans l'eau de la cuvette de toilette! Évidemment, si on est vraiment très fort en mime culinaire (et peu de gens qui se respectent le sont...), on peut toujours demander les nouilles au poulet.. sans nouilles... ni poulet... mais les chinois refusent habituellement de faire des subtitutions. Je ne crois pas vraiment que ce soit par un soucis épicurien puriste, mais bien que d'expliquer au chef de NE PAS mettre l'ingrédient en question est beaucoup plus compliqué que de vous le servir tel quel, comme si de rien n'était, en vous promettant de l'avoir enlevé... ''Pffff'', se dit le Chef Boyardee chinois devant son Wok, ce n'est pas comme si des arachides ou des fruits de mers pouvaient vraiment tuer quelqu'un non?!
Et par soucis de vous rapporter TOUTE la vérité, il m'incombe aussi la lourde responsabilité d'annoncer aux végétariens qui pensent avoir évité la viande en Chine qu'ils doivent aller se flageler avec du céleri dans leur cuisine, car ils ont, sans aucun doute, goûté au fruit (ou à la viande dans ce cas-ci) défendu. Tout (et je dis bien TOUT!!) est cuisiné avec de la viande, son jus ou ses enfants et ce n'est pas parce qu'il n'y a pas de morceaux de chair flottant dans votre bol, que c'est certifié végé! Mais les véritables végétariens savent sûrement déjà tout ça, non? Ils sont comme ça les végés... ils SAVENT des choses qui nous ne savons pas... mais bon, trève de digression!
BREF, cette très longue parenthèse a pour but de vous faire comprendre que même si on était parti avec l'idée de tout goûter, de tout essayer et de conserver une témérité gustative tout au long du voyage, lorsque la faim commence sérieusement à se faire ressentir parce que ça fait trois jours qu'on mange du bout des lèvres différentes viandes mystères, on commence à vouloir envoyer chier sérieusement notre conscience, costumée en Scout, qui nous rappelle de garder ''l'esprit ouvert mon ami!''.... Et c'est généralement cinq minutes plus tard que le voyageur se retrouve à commander un Big Mac et un McFlurry, se promettant d'essayer plus fort le lendemain.
------------------------------------------- Fin de la parenthèse culinaire ------------------------------------------
Il n'est que 8h lorsque nous quittons la chambre alors il n'y a que très peu d'activité autour de nous; la majorité des boutiques noctures sont toujours fermés et attendent l'arrivée des hordes de touristes en autobus pour sortir leur marchandise. Mais c'est exactement ce qu'il nous faut: Du calme, de l'air frais et une petite promenade sur les rues pavés! Et pas... trop... vite, car nos jambes diggèrent encore avec difficulté le Tiger Leaping Gorge.
En grignottant chacune une galette de riz chinoise, nous découvrons peu à peu de quoi est composé la ville de Lijiang et à en juger par les boutiques, les gens veulent manger, boire, acheter des souvenirs Naxis (la minorité locale) et ... jouer du tam-tam?! En effet, à chaque trois ou quatre magasins, des petites boutiques aménagés de divans comfortables et de posters de Bob Marley se remplissent de chinois excités qui tappent à interval régulier sur les tambours en suivant leur instructeur - qui semble le plus près d'un hippie chinois que nous aurons la chance de voir. Bien entendu, les hippies chinois sont - comme tous les représentants des contre-cultures au pays (Gothique, Punks, Metals, etc) - pas trop convaincu d'à quel point ils veulent embarquer dans le mouvement et toujours à une cravate près de réintégrer leur cubicule! De toute façon, leur grand-mère n'accepterait jamais de les voir se promener avec des Dreads ou de s'exprimer par leur pilosité faciale alors ils se donnent à fond dans les t-shirts ironiques. Des enfants qui pissent sur des icônes chinois, aux slogans incitant les femmes à retourner dans la cuisine, jusqu'aux bonnes vieilles photos de Mao... de Che Guevara en Mao.... de Staline en Mao... et d'Obama en Mao! (Je suis certaine que sur l'Ipod chinois il y a une application pour ''Mao-iffier'' une de vos photos personnelles... ou sinon pas touche, c'est mon idée!) Bref, ces petits ''jams'' impromptus semblent faire le bonheur des touristes qui tapochent tous tranquillement au rythme de la musique lente qui se fait entendre dans toute la ville:
''Linda, Linda, Linda, Linda.... Linda, Linda, Linda, Linda.... etc''. Au risque de vous décevoir, ce n'est malheureusement pas ''Linda'' que la chanteuse fredonne, mais ça sonne exactement pareil et ma mère et moi nous amusons à embarquer dans le karaoké chaque fois que nous entendons la mélodie! La première fois, c'est vraiment drôle... et peut-être même jusqu'à la dixième fois... mais quand ça fait 3 heures que nous entendons la même musique partout en tournant en rond dans les petites ruelles de la ville, nous commençons à soupçonner que quelqu'un...quelque part, mène un complot pour nous rendre folles! À chaque coin de rue: ''Linda..linda'', dans les restaurants: ''Linda.. Linda'', à ce point, entendre les trois premières notes de la berceuse est suffisant pour me faire entrer dans une frénésie alors que je dévale en courant à toute vitesse jusqu'à l'autre bout de la rue pour fuir la chanson #1... du Top 1 de Lijiang!
Notre fuite nous mène finalement au square principal de la ville où les touristes fatigués (ou perdus...) de leur promenade dans le labyrinthe viennent se reposer un peu et observer les femmes Naxis en costume traditionnel. Si je peux faire une comparaison grossière pour vous donner une meilleure idée, je dirais que les habits naxis ressemblent à ce que portent les péruviens: De long châles multicolores, des petites bottes de Troll pointues rouges, des bijoux en argent tappe à l'oeil... mais ce qui attire véritablement mon attention, ce sont les hommes! Devant nous, gallopent à toute vitesse, un groupe de cow-boys chinois sur leur chevaux, emmitouflés dans une grosse veste en fourrure de Yak et brandissant dans les airs leur carabine. Ils effectuent quelques cercles autour des touristes bouche-bée avant de descendre de leur bête et de s'installer pour faire un peu d'argent. Pour 5 yuan, les curieux peuvent emprunter le costume des hommes, enjamber la bête et prendre une pose de guerrier redoutable pour la caméra.
Si je voulais vraiment conserver un minimum de dignité, je vous dirais que j'ai regardé sagement à distance les nombreux touristes prendre des photos... mais ce serait vous mentir! Je ne pouvais quand même pas manquer l'occasion de poser comme un véritable cow-boy chinois alors j'ai aggripé la veste de Yak, troqué le coquet chapeau de cow-boy pour un ''cass'' de poil odorant traditionnel et brandis la carabine en l'air comme si je venais d'abattre à moi seule un troupeau entier de bêtes sauvages. Voici les preuves...
Après autant d'émotion, nous sommes allés manger une bouchée à ''N's Kitchen'' et je laisse les photos parler d'elles-mêmes. Si vous êtes à Lijiang, c'est à ne pas manquer!
C'était donc la fin de notre journée à Lijang et après l'effort physique, la maladie et une généreuse dose de grand air, nous étions véritablement prêtes à quitter le Yunnan et à se rapprocher de notre but final de Pékin. Mais pas avant un petit retour à Shangqiu...
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Vous savez, ce qui est le plus frustrant lorsqu'on est malade en Chine... bien entendu, autre que d'avoir une attaque de gastro explosive dans un moyen de transport (ou dans la rue... ou partout qui n'est pas la toilette de votre hôtel)? C'est que bien souvent, on aurait seulement envie de manger un bon bouillon de poulet ou quelques biscuits sodas... ou pour les téméraires, des biscuits sodas écrasés DANS le bouillon de poulet, mais la réalité de ce qui est disponible à nous mettre sous la dent nous fait instantanément revenir sur terre avec violence... et retourner se coucher en boule sous les couvertures, en se demandant qui a bien eu l'idée saugrenue de sortir manger! ''Arrgg... peut-être en 2013'', s'écrie notre pauvre corps qui pense ne jamais pouvoir regarder un autre stir-fry avec appétit et vivre une vie qui ne consiste pas entièrement à observer sa triste réflection dans l'eau de la cuvette de toilette! Évidemment, si on est vraiment très fort en mime culinaire (et peu de gens qui se respectent le sont...), on peut toujours demander les nouilles au poulet.. sans nouilles... ni poulet... mais les chinois refusent habituellement de faire des subtitutions. Je ne crois pas vraiment que ce soit par un soucis épicurien puriste, mais bien que d'expliquer au chef de NE PAS mettre l'ingrédient en question est beaucoup plus compliqué que de vous le servir tel quel, comme si de rien n'était, en vous promettant de l'avoir enlevé... ''Pffff'', se dit le Chef Boyardee chinois devant son Wok, ce n'est pas comme si des arachides ou des fruits de mers pouvaient vraiment tuer quelqu'un non?!
Et par soucis de vous rapporter TOUTE la vérité, il m'incombe aussi la lourde responsabilité d'annoncer aux végétariens qui pensent avoir évité la viande en Chine qu'ils doivent aller se flageler avec du céleri dans leur cuisine, car ils ont, sans aucun doute, goûté au fruit (ou à la viande dans ce cas-ci) défendu. Tout (et je dis bien TOUT!!) est cuisiné avec de la viande, son jus ou ses enfants et ce n'est pas parce qu'il n'y a pas de morceaux de chair flottant dans votre bol, que c'est certifié végé! Mais les véritables végétariens savent sûrement déjà tout ça, non? Ils sont comme ça les végés... ils SAVENT des choses qui nous ne savons pas... mais bon, trève de digression!
BREF, cette très longue parenthèse a pour but de vous faire comprendre que même si on était parti avec l'idée de tout goûter, de tout essayer et de conserver une témérité gustative tout au long du voyage, lorsque la faim commence sérieusement à se faire ressentir parce que ça fait trois jours qu'on mange du bout des lèvres différentes viandes mystères, on commence à vouloir envoyer chier sérieusement notre conscience, costumée en Scout, qui nous rappelle de garder ''l'esprit ouvert mon ami!''.... Et c'est généralement cinq minutes plus tard que le voyageur se retrouve à commander un Big Mac et un McFlurry, se promettant d'essayer plus fort le lendemain.
------------------------------------------- Fin de la parenthèse culinaire ------------------------------------------
Il n'est que 8h lorsque nous quittons la chambre alors il n'y a que très peu d'activité autour de nous; la majorité des boutiques noctures sont toujours fermés et attendent l'arrivée des hordes de touristes en autobus pour sortir leur marchandise. Mais c'est exactement ce qu'il nous faut: Du calme, de l'air frais et une petite promenade sur les rues pavés! Et pas... trop... vite, car nos jambes diggèrent encore avec difficulté le Tiger Leaping Gorge.
''Linda, Linda, Linda, Linda.... Linda, Linda, Linda, Linda.... etc''. Au risque de vous décevoir, ce n'est malheureusement pas ''Linda'' que la chanteuse fredonne, mais ça sonne exactement pareil et ma mère et moi nous amusons à embarquer dans le karaoké chaque fois que nous entendons la mélodie! La première fois, c'est vraiment drôle... et peut-être même jusqu'à la dixième fois... mais quand ça fait 3 heures que nous entendons la même musique partout en tournant en rond dans les petites ruelles de la ville, nous commençons à soupçonner que quelqu'un...quelque part, mène un complot pour nous rendre folles! À chaque coin de rue: ''Linda..linda'', dans les restaurants: ''Linda.. Linda'', à ce point, entendre les trois premières notes de la berceuse est suffisant pour me faire entrer dans une frénésie alors que je dévale en courant à toute vitesse jusqu'à l'autre bout de la rue pour fuir la chanson #1... du Top 1 de Lijiang!
Notre fuite nous mène finalement au square principal de la ville où les touristes fatigués (ou perdus...) de leur promenade dans le labyrinthe viennent se reposer un peu et observer les femmes Naxis en costume traditionnel. Si je peux faire une comparaison grossière pour vous donner une meilleure idée, je dirais que les habits naxis ressemblent à ce que portent les péruviens: De long châles multicolores, des petites bottes de Troll pointues rouges, des bijoux en argent tappe à l'oeil... mais ce qui attire véritablement mon attention, ce sont les hommes! Devant nous, gallopent à toute vitesse, un groupe de cow-boys chinois sur leur chevaux, emmitouflés dans une grosse veste en fourrure de Yak et brandissant dans les airs leur carabine. Ils effectuent quelques cercles autour des touristes bouche-bée avant de descendre de leur bête et de s'installer pour faire un peu d'argent. Pour 5 yuan, les curieux peuvent emprunter le costume des hommes, enjamber la bête et prendre une pose de guerrier redoutable pour la caméra.
Si je voulais vraiment conserver un minimum de dignité, je vous dirais que j'ai regardé sagement à distance les nombreux touristes prendre des photos... mais ce serait vous mentir! Je ne pouvais quand même pas manquer l'occasion de poser comme un véritable cow-boy chinois alors j'ai aggripé la veste de Yak, troqué le coquet chapeau de cow-boy pour un ''cass'' de poil odorant traditionnel et brandis la carabine en l'air comme si je venais d'abattre à moi seule un troupeau entier de bêtes sauvages. Voici les preuves...
Après autant d'émotion, nous sommes allés manger une bouchée à ''N's Kitchen'' et je laisse les photos parler d'elles-mêmes. Si vous êtes à Lijiang, c'est à ne pas manquer!
| Et ma mère qui enfourne tout ça en disant: ''Kin maudite gastro, prend ça!'' |
C'était donc la fin de notre journée à Lijang et après l'effort physique, la maladie et une généreuse dose de grand air, nous étions véritablement prêtes à quitter le Yunnan et à se rapprocher de notre but final de Pékin. Mais pas avant un petit retour à Shangqiu...
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