Monday, September 24, 2012

Numéro 9: On ferme les yeux, on ouvre la bouche!

Peu importe l'endroit où vous avez grandi sur la planète, quelque part dans votre jeunesse, vous avez sans aucun doute regardé une moitié de ver de terre frétillante que vous veniez d'extirper du sol avec votre petite pelle jaune-orange et vous vous êtes demandés ce qui se passerait bien si vous en preniez une petit bouchée. Personne n'aurait à le savoir et après tout, pouvaient-ils être si différents de leurs cousins en gélatine vendus au dépanneur?! Bien à l'abri de la surveillance parentale, les plus braves d'entre-vous ont probablement laissé libre court à leur curiosité culinaire, mordillant du bout des lèvres la bestiole affolée, mais les autres, tout à coup ramenés à la réalité par le fait que le lombric venait de sécréter un petit pipi nerveux de ver de terre sur leur main ont relachés la petite bête dans le bac à sable, s'essuyant avec énergie la main sur le pantalon. D'un manière ou d'une autre, le résultat était le même: À moins de se trouver dans un épisode de ''Survivor'' entre vie, mort et ver de terre, il n'y avait aucune raison valable de vouloir grignotter des insectes tant et aussi longtemps qu'il allait rester de la viande animale et des végétaux sur la planète!

Mais malheureusement, à certains endroits du monde, les vaches, boeufs, poulets et autres sources de protéines se font de plus en plus rares, donnant tout à coup un air plutôt ''sexy'' à la juteuse libellule posée sur le bord de la fenêtre. Alors, s'il y a bien un endroit où aucun animal n'est discriminé du menu c'est bien la Chine, où pratiquement tout ce qui frémit et qui peut être alongé sur le b-b-q est vendu au bout d'un bâton comme ''snack'' de fin de soirée! Nous avons le pop corn... ils ont les hippocampes trempés dans le sucre d'orge!

Ce qui m'amène donc au fait que l'endroit le plus célèbre du pays pour déguster de telles originalités est la rue Wangfujing de Pékin. Au bout d'une grande rue piétonnes regorgeants de boutiques chics et de restaurants ''high-class'' se trouve une rangée de tentes oranges où des vendeurs locaux compétionnent pour vendre le scorpion le plus frais au touriste excité de finalement pouvoir payer pour voir les insectes qui se trouvent dans son assiette plutôt qu'ils passent incognito dans leur bol de nouilles! Bahaha comme je suis drôle... (ou le suis-je vraiment?! Maman as-tu des hauts de coeur devant ton écran d'ordi?) C'est donc tout bonnement après avoir apprécié le spectacle de Kung-fu du théâtre rouge que nous nous sommes retrouvées sur cette rue, espérant dénicher une petite collation de fin de soirée pour calmer notre estomac... Ce que vous ne savez pas jusqu'à présent, c'est que lors de notre départ de l'auberge, nous avons été suivi par un autre voyageur qui habitait présentement en Thailande et qui semblait avoir perdu le nord... le sud et tous les autres points cadinaux depuis plusieurs années. Personnellement, je suis plutôt fan du voyage et de ses expériences, mais qu'est-ce qui fait que tous les hommes dans la quarantaine qui se trouvent seuls en Asie adoptent immédiatement un genre de look ''grunge'' crado et se font pousser les cheveux. De plus, leur vocabulaire se trouve maintenant parsemé de ''full cool man'' et ils prennent en moyenne dix secondes de plus que les gens normaux pour répondre aux questions simples... Peut-être que c'est seulement dû à mon intolérance pour ''l'originalité'' mais dès que quelqu'un semble un peu marginal ou perdu, je saute tout de suite à la conclusion qu'il a mangé un brownies douteux de trop... Mon cher, vous ne dupez personne, vous avez bel et bien quarante ans et ce n'est pas votre petite blonde chinoise de vingt ans ou vos Converses rouges qui stoppera votre andropose et la poussée de vos poils de nez! Ahhh maintenant que c'est dit, je me sens beaucoup mieux...

 
C'est donc en compagnie de cet homme que nous avons exploré le quartier, le suivant dans sa quête pour trouver des calmars frais... D'étalages en étalages, nous avons été sans arrêt surpris par les différents types d'insectes présentés aux clients sur des brochettes, juste à point pour se les mettre sous la dent. Inutile de dire qu'après une bonne demi-heure à regarder des migales, coquerelles, scarabés et autres vedettes de l'Insectarium piqués au bout d'un bâton et parfois recouvertes de poussière (''Tiens donc, les grosses tarantules semblent moins bonnes vendeuses... elle ne doivent pas être en saison!'') notre appétît ne causait plus de problème! Oui, entre les étoiles de mers et les sauterelles, il y avait des nouilles et des dumplings, mais lorsque les deux produits se trouvent aussi près sur le présentoir, il faut avoir un estomac d'acier et l'imagination peu fertile pour ne pas penser qu'un coup de vent ait envoyé promené une antenne dans votre stir-fry!

 
 
 

Malgré mon subconscient criant ''T'es même pas game'' à tue-tête à la vue d'une brochette particulièrement fournie de coquerelle, j'ai tenue bon et refusée d'attraper de nouveau la gastro (ou autre maladie transmise par un rapport bouche-insecte...). En fait, c'était peut-être ça que j'avais gagné de mon année à Québec: La force de dire non à toutes les impulsions niaiseuses de mon cerveau!

Bref, lorsque notre compagnon a finalement trouvé une gigantesque brochette de mollusque visqueux grillés à se mettre sous la dent, nous avons marchés d'un pas décidé vers l'auberge, oubliant le souper pour l'instant et priant que les vendeurs aient attrapés suffisament de ces insectes pour ne pas qu'ils se retrouvent entre les couvertures de notre lit! 

Wednesday, September 19, 2012

Numéro 10: Les acrobates

De nos jours, avec le cirque du soleil qui se trouve tellement partout qu'on peut presque les réserver pour le party de Noël de bureau, je trouve qu'on perd un peu notre émerveillement du cirque. Les pauvres acrobates qui se promènent sur un fil doivent pratiquement le faire nus et se partir les cheveux en feu pour ne pas que les spectateurs poussent de longs soupirs d'ennui. Et il ne faut même pas parler des jongleurs... n'importe quel marginal avec un kit de vaisselle en Corelle peut se présenter à une émission télé-réalité de talents et projeter ses couverts dans les airs pour son quinze minutes de gloire... Bref, en allant voir les acrobates chinois de Pékin, mes attentes étaient plutôt basses: au mieux un divertissement d'une soirée, au pire dix chinois dans un carambolage de bicyclettes miniatures ''en direct'', mais je pensais avoir probablement tout vu. Sauf pour un point: Les contorsionnistes! La Chine est depuis toujours, l'endroit où on arrive à ''squeezer'' le plus grand nombre d'être humain à l'intérieur des endroits les plus restreints de la terre alors nous allions sûrement être surprises. À voir ce qu'ils arrivaient à faire gratuitement avec leurs masses humaines dans les trains, suite à l'achat d'un billet, je m'attendais à ni plus, ni moins qu'un être humain ''djammé'' dans un sac ziploc de congélation!! Bref, je voulais être impressionnée!
Nous avons donc réservé notre billet pour le spectacle par l'auberge et après avoir été déposées au théâtre par un chauffeur de taxi spécialement réservé pour l'occasion, nous avons trouvé nos places dans la foule et avons dégusté notre bière et notre sac de chips Lays en attendant le début du spectacle! Au moment où le premier artiste est entré sur scène, notre mâchoire s'est ouverte bien grande et ne s'est fermée qu'à la toute fin du spectacle! Oui, c'était un funambule... mais un funambule qui marchait sur une grande corde balottante et qui sautait dans les airs pour toujours retomber en équilibre sur la grande corde molle. Ensuite, nous avons eu droit à un homme qui faisait rebondir des dizaines de balles de tennis sur des escaliers et toutes sortes de surfaces en arrivant toujours à les rattrapper, peu importe à quel angle impossible il se trouvait par rapport à sa cible!

Finalement, nous avons eu droit aux contorsionnistes et moi qui voulait du ''dégueu et des membres qui s'enlèvent pratiquement comme Monsieur Patate'', j'ai véritablement été servie! Une toute petite femme en costume moulant s'est mise à littéralement défaire son corps sur scène et une autre est venue l'accompagner dans un ballet de dislocation assurément commandité par l'équivalent chinois de Robaxacet qui leur feraient demander plus tard: ''Voyons, dans quelle direction est-ce que je dois pointer mon coude déjà?!''.  Ahhh les problèmes d'un contorsionniste!

Mais le clou de la soirée a véritablement été pour moi le numéro des vélos, où plusieurs femmes se sont empillés sur une même bicyclette afin d'effectuer des tours de scènes à quelques centimètres près de se retrouvées projetés dans la foule. Au départ, une seule femme est entrée sur scène pour faire quelques tours sans les mains, sans les pieds, sans les yeux... etc. Mais dès que plusieurs d'entre-elles se sont joint au carrousel, c'est devenu plus intéressant! Sautant de vélo à vélo, les femmes se sont mises à s'empiller sur la pauvre acrobate plus musclée qui avait, sans contredit, eue accès au calcium pendant sa croissance et avant même de pouvoir pousser un moindre bruit d'étonnement, treize (13!!!) femmes se trouvaient perchés sur la même cycliste bâtie qui fesait toujours effecter des tours de scène à sa bicyclette! À un seul coup de pédale de faire basculer une quizaine de petites chinoises dans la foule d'étrangers abasoudis, ce numéro nous en mettait véritablement plein la vue.

C'est donc toujours sous le choc de ce spectacle... véritablement SPECTACULAIRE que nous avons trouvées le métro de Pékin et sommes retournées à l'auberge par nos propres moyens, rassurées du fait que quelque part sur la planête, nous allions toujours pouvoir trouver quelque chose pour nous surprendre! Vélo géant, non inclus...

Dernier arrêt: Pékin

Après avoir parcouru 6928 kilomètres sur les routes de la Chine, pris 4 avions, 3 trains, et d'inombrables autobus et taxis, nous en étions finalement au dernier stop de notre voyage: Pékin. Suite aux expériences difficiles de Shangqiu, de la gastro, des enguellades avec les chauffeurs de taxi, de la chaleur et parfois même du froid, mais aussi des grands moments comme les terrasses de thé, la montagne jaune, les balades à vélo, le marché nocturne de Dali, Shannon et Brett, le coucher de soleil sur la Gorge ainsi qu'un petit tour dans la cuisine, nous avions bien besoin de poser nos sacs et de souffler un peu. La tête nous tournait de toutes ces expériences, c'est donc pourquoi nous avons décidé de passer la dernière semaine de notre voyage à Pékin; pour profiter de nos derniers moments en terre (in)connue et de savourer chaque dernier instant de notre périple. Au départ, la fatigue se faisant têtue, nous pensions plutôt flâner un peu et déambuler d'une attraction à une autre, sans trop de plans et récupérer du rythme effrené des semaines précédentes, mais dès que nous avons posé pied dans la métropole, l'énergie des environs a été suffisante pour nous donner notre deuxième souffle. Comme l'a si bien dit ma mère: ''On avait bien besoin d'un peu de civilité après Shangqiu!''... Amen! Et d'un commun accord silencieux, la bonne humeur est revenue instantanément rejoindre notre duo dont le moral souffrait un peu de la fatigue du voyage!

 (... En fait, dont le moral souffrait BEAUCOUP des séquelles de la gastro et d'un peu de fatigue!)

De la Cité Interdite à la Grande Muraille, en passant par le site des JO et par le ''plus grand Musée du Monde'', une petite visite chez Mao et des canards laqués, du Kung-Fu, des acrobates, des insectes, des faux Louis Vuitton, des arnaqueurs à revendre et un festival du film qui mérite sa palme d'or bien particulière... notre semaine a été extrêmement bien remplie, mais plutôt que de vous la raconter jours par jours...

Voici donc les 10 meilleurs moments de notre semaine à Pékin!

 

Tuesday, September 11, 2012

Shangqiu: Second souffle

Ahh, la brise du matin entre dans notre chambre d'hôtel de Shangqiu et je me réveille avec un second souffle. Ma nostalgie de la veille est rapidement estompée par mon envie de faire découvrir à ma mère tous mes endroits préférés du coin. Bien évidemment, nous commenceront pas un massage, car ça doit bien faire 3 jours que je n'en ai pas eu et les mains expertes des masseurs de Shangqiu me réclament! Que voulez-vous, cette ville m'a habitué à un minimum de ''pampering'' et mon côté diva refoulé qui se cachait sous des piles de poussières de la Gorge et de t-shirts crado portés jusqu'à un point de non-retour, commence à sortir sa tête avec curiosité (''Est-ce finalement le temps pour un peu de gloss?!'', se questionne-t-elle)! Nous sortons donc de la chambre et rejoignons Brett pour un dernier dîner où nous nous régalons de nos plats préférés. Malheureusement pour nous, Shannon s'est retrouvée prise dans une histoire abracadabrante d'une étudiante qui aurait acheté un chiot mourant pour 700 Yuan et qui a maintenant besoin de l'aide de mon amie volubile pour se faire rembourser le défunt mini-caniche (...Paix a son âme)... BREF, pour faire une histoire courte, elle est occupée et ne peut nous rejoindre pour dîner! En sortant du restaurant, nous décidons d'aller faire un petit tour à l'épicerie locale et je ne peux m'empêcher d'arrêter un tuk-tuk chambranlant passant dans la rue principale pour nous conduire à destination. En enjambant la portière, nous nous entassons côte à côte sur le petit banc de bois à l'abri de la cabine de plastique, rentrant tous les membres à l'intérieur du véhicule, comme si nous avions décidés de nous déplacer au volant d'une Jeep électrique Fisher Price pour enfants. Un peu plus et nous pouvons sortir nos pieds par le plancher pour nous donner une petite poussée!

Au tournant de la rue suivante, nous arrivons devant la façade bleue de Dennis et passons à travers la ''foire alimentaire'' extérieure pour se rendre au magasin. En voyage, découvrir les spécialités des épiceries locales est une des activités favorites de ma mère alors nous prenons quelques minutes pour déchiffrer les différentes sortes de chips ''Lays'' et s'époustouffler devant la boucherie où les différents parties d'une vache fraîchement abattue frémissent pratiquement encore! Dans la poissonnerie, des raies, des anguilles et autres poissons d'eaux troubles terrorisent les petits enfants qui s'approchent trop près de la vitre. Comme à l'habitude, les magasineurs sont pressés, farouches et nombreux, mais le fait que ma sustenance ne dépend pas du fait que je puisse produire un repas équilibré avec les ingrédients originaux du magasin me permet d'apprécier la visite. Ma mère remarque d'ailleurs que la plupart des items de la boulangerie sont recouverts de sucre et de crémage et elle comprend pourquoi je n'ai jamais sauté sur l'occasion de me faire un bon sandwich au pain blanc pas de croûte!

Le prochain arrêt de notre tour de ville est le salon de massage où notre taxi s'engage dans un cul de sac pour nous déposer devant les marches de la boutique. Entre un salon de beauté et un magasin de pièce d'auto se trouve une petite porte coulissante derrière laquelle se cache une grande pièce ouverte et plusieurs lits à massage. Les masseurs aveugles en saraux blancs s'activement autour des patients allongés tel un ballet bien coordonnés, se glissant et se contournant entre les lits, sans jamais se toucher. Le bruit sourd de leurs mains qui s'abattent à répétition sur le dos des hommes allongés et les sifflements sacadés qui accompagnent leurs efforts emplissent la boutique silencieuse. De temps en temps, un masseurs quitte la pièce en longeant le mur du fond pour rejoindre sa propre couchette où il se repose et écoute la radio en attendant le prochain client. Dès que nous poussons la porte du magasin, la patronne se lève de sa chaise comme une bombe et me prend dans une grande caresse, qui me laisse bouche-bée! Tout ce qu'elle sait dire en anglais c'est ''Andy!!!'', mais sa grande exhubérance me touche beaucoup.  Elle appelle son mari qui se trouve à l'arrière boutique et il suit le mur avec habitude jusqu'à ce qu'il se trouve à ces côtés. Lorsqu'il comprend finalement que la cliente sur sa table n'est nulle autre que l'étrangère ''musclée'' au mandarin approximatif, il éclate de rire! Sa patience lors de nos conversations fait de lui l'habitant de Shangqiu avec qui j'ai eu les plus longues conversations et il profite du fait que mon visage est bien prit dans le trou de la table pour me bombarder de questions. À côté de nous, le masseur s'acharne sur le cuir chevelu de ma mère qui semble flotter quelque part entre Shangqiu et le Nirvana!

Finalement, je décide d'emmener ma mère à la rue piétonne pour faire un peu un peu de lèche... euh... lèche pas vitrine... lèche rangées de rack de vêtements dans la rue?! Mais en chemin, je remarque que les choses dégueulasses qu'on croise dans la rue et qui me font habituellement bidonner, n'ont pas exactement le même effet sur ma mère qui observe avec de grands yeux le chaos de Tuanjie Lu. Pour les sens non entraînés: Ça pue, c'est laid, c'est sale et c'est bruyant. Repli stratégique dans le PFK...

Nous nous assoyeons pendant plusieurs minutes à sirotter un coca-cola alors que je tente de tirer les vers du nez de ma compagne de voyage. Jusqu'à présent, elle a survécu à plusieurs épreuves beaucoup plus tragiques que les crottes de chiens de Shangqiu et ses grand-mères envahissantes, mais c'est cet arrêt particulier de notre itinéraire qui la trouble vraiment. En fait, nous mettons finalement le doigt sur le ''bobo'' en concluant que c'est sa fibre maternelle qui provoque son malaise. Tout le temps que j'étais en Chine, elle a vu des photos et a pu lire mon blogue, mais elle ne s'était jamais imaginé que cet endroit pouvait se trouver aussi loin de toutes choses civilisés. En fait, sans y avoir posé les pieds, ce n'est pas évident de ''sentir'' réellement ce qui se trame à Shangqiu - un mélange d'ignorance et de xénophonie, beaucoup de pollution et peu d'avenir. Depuis le début de notre voyage, elle avait eu la chance d'entrer dans les véritables cartes postales chinoises, voyant les plus beaux côtés de ce pays si inégal, mais maintenant, elle venait de passer dans les coulisses: l'endroit où se construit à la chaîne les sacs Gucci vendus à Shanghai, les kilomètres de champs où l'on envoie les déchets des métropoles, les villages perdus dans le smog des usines, les villes qu'on fuit les jeunes citadins de Pékin. Bref, ce qu'on ne vous montre jamais à la télé. Mais ce qui venait encore plus troubler ma mère c'est le fait que sa plus jeune fille était partie seule à 23 ans pour se retrouver dans ce trou à rat... et qu'elle n'avait pas tournée les talons pour rentrer à la maison! Qu'est-ce qui m'avait passé par la tête à ce moment? Je comprenais maintenant un peu mieux son mutisme... elle tentait de ME comprendre.

Notre journée se termine par un repas trop copieux au resto ''chic'' de la ville en compagnie de d'autres étrangers et d'un film au cinéma pour se reposer un peu. Notre train part dans quelques minutes, mais cette fois-ci je suis soulagée de quitter Shangqiu. Ce n'est plus mon chez-moi, mais seulement le décors de souvenirs impérissables qui me suivront bien longtemps après que j'aie oublié l'odeur de ses rues!

Friday, August 24, 2012

Sur un air connu..

''ANNDYYY!!'', mon pote prof de japonais joggeur Taka se tient à quelques centimètres de mon visage, n'arrivant pas à croire que je me trouve véritablement devant lui au beau milieu de l'auditorium de l'Université. ''You came back??'', me demande-t-il alors fou comme un balai, mais je rectifie immédiatement le tir, ''Ohhhh no, no, nonono! Let's not get carried away here! I am JUST visiting''... Je lui présente ma mère et lui explique le but de notre voyage tout en prenant de ses nouvelles. Il me semblerait que rien n'a vraiment changé sauf qu'il pense retourner au Japon l'année suivante et me tend sa carte d'affaire ''si jamais je passe par Okinawa''...hum, c'est à voir! Avec Shannon et Brett qui sont aussi sur leur départ,on dirait que tout le monde quitte la ville en même temps, ça serait bien différent l'année suivante! Je profite de la pause avant le concours pour saluer quelques anciens étudiants et faire un tour au petit coin (...de mur où on doit faire pipi) mais à mon retour je tombe nez à nez avec mon ancien patron qui prend quelques secondes à comprendre ce qui se passe devant lui. Je peux pratiquement voir le petit hamster dans son cerveau qui fouille dans son répertoire mental de ''visages blancs'' pour qu'il se souvienne finalement à qui appartient ce gros nez. Et la lumière jaillit lentement du tunnel... ses yeux s'écarquillent un peu... sa bouche s'entrouvre... Andy! Bingo! Je lui fait mon plus grand sourire et ricane un peu de son air qui semble se dire: ''... mais elle n'a pas quitté Shangqiu l'année précédante? Est-ce qu'un de mes profs serait tombé entre les craques?''.

Shannon me rappelle vite à mon siège et tappe sur l'épaule de l'homme assis devant elle. ''Andy, this is Mark''. Oh mais j'ai déjà entendu ce nom quelque part! C'est le pauvre père de famille qui habite maintenant dans mon appartement! Physiquement, il semble être parti en voyage dans les années '70 quand il était ado et de n'être jamais revenu, s'est nourri de cocaine et de cigarette et se retrouve maintenant avec un mini fohawk poivre et sel, une barbichette de la même couleur, des boucles d'oreilles et un bon vieux t-shirt noir troué d'un band obscur. Vraiment, il donne fière allure aux étrangers (...not)!  ''Hi Mark, I used to teach here and you are now in my fabulous flat! haha'', que je lui réponds en riant.... sur quoi il hausse les épaules, souffle un faible ''Heeey'' et se retourne sans un mot de plus...  pauvres étudiants, je te dis qu'il doit les exténuer avec tout son enthousiasme! Bref, je fais un petit salut aux Glyn et Adam 2.0 (la nouvelle batch d'enseignants envoyé à Shangqiu par la compagnie britannique TTC) et le spectacle commence. À ce niveau-là, je peux vous assurer qu'exactement rien n'a changé... du Céline Dion, du Lady Gaga, un peu de break-dance, du Kung-Fu... mais la palme de la soirée revient à un étudiant, oserai-je dire ''de la Chine future'', qui balance son homosexualité en plein visage des spectacteurs et les envoute avec un numéro lascif de ''Sexy Back'' qui laisse tous les étrangers la bouche grande ouverte de stupeur! De chaque côté de nous, les chinois sont hilares, trouvant que ce jeune homme est bien ''original'', mais sans jamais se douter qu'il n'est qu'à une paire de talons hauts d'être la première drag-queen de Shanqiu! Vraiment, son déhanchement fait envier toutes les femmes présente et il termine même son numéro en ''flirtant'' avec le prof Mark. De...toute...beauté!

Finalement, après le concours, nous nous retrouvons tous chez Shannon pour prendre une bière et manger du fromage (c'est l'appât pour les étrangers en Chine: ''Venez chez moi, j'ai du fromage!!'') et nous pouvons discuter un peu plus avec le nouveau groupe de profs. Mark et sa femme Cécilia viennent en fait des Philippines et ils travaillent à Shangqiu pour se ramasser un peu d'argent pour se faire construire une maison. Ils ont déjà enseigné dans leur pays, mais le salaire est tellement minime que ce qu'ils vont ramener de Shangqiu fera réellement une différence. Au courant de la soirée, la bière coule à flots et nous nous amusons beaucoup, mais je n'arrive pas à m'empêcher d'imaginer la même scène, quelques mois plus tôt, alors que Naik, Adam, Glyn et même Ciaran étaient dans le même salon à discuter de notre charge de cours ou de notre prochain voyage à Zhengzhou. À ce moment, mes amis me manquent terriblement et je comprends que mon expérience à Shangqiu n'aurait pas eu le même sens si je ne l'avais pas partagé avec eux. Seule, je souris et je pense à eux, me transportant pendant quelques minutes, dans le Shangqiu de mes souvenirs. La soirée tire maintenant à sa fin et nous quittons l'appartement de Shannon pour notre chambre d'hôtel et du repos avant de vraiment explorer Shangqiu le lendemain. Au menu: massage, promenade et repas en ville... et la plus petite quantité possible d'expériences traumatisantes!  

Thursday, August 2, 2012

Kung Pao en bonne compagnie

À midi, nous marchons vers l'entrée de l'école pour retrouver mes amis chinois et partager un repas à ce qui est selon moi, le meilleur restaurant du pays. Depuis maintenant plusieurs mois, je salive à l'idée de replonger mes baguettes dans une immense assiette de Tong Su Xi Zi (de aubergines douces-amères) ou une salade froide de concombre... J'ai d'ailleurs lâché des jurons colorés à quelques reprises dans ma cuisine de Québec en essayant de reproduire les plats du restaurant Chongqing, mais me retrouvant à tout coup avec une ''bouette'' orange et quelques morceaux durs d'aubergine... Il me faudrait probablement kidnapper le mari de la proprio (ZE chef) et ça ne passerait pas inaperçu aux douanes! Bref, je ne peux attendre une seconde de plus pour finalement aussi mettre de la nourriture solide dans mon estomac en convalescence. Je m'en fous pour sa petite sensibilité, il aura la totale aujourd'hui ET IL LE DIGÈRERA... bon!

En tournant le coin, je vois Emily (mon étudiante qui m'a aussi servi de manager pendant ma courte carrière de mannequin chinoise...) qui cours dans ma direction et se propulse dans mes bras. Il n'y a pas à dire, elle n'a pas grandi d'un centimètre mais elle est beaucoup plus coquette! Un peu de maquillage, les cheveux en boucles, de nouveaux vêtements... je soupçonne tout de suite qu'il y a anguille masculine sous roche! D'un seul coup elle s'exclame: ''Wow Andy, you are so pretty now!''... et dans un moment triomphal pour son ancienne enseignante, elle remarque sa petite maladresse anglophone et se corrige tout de suite: ''I mean... you were pretty last year too!!''. Telle une mère poule très fière, je ne peux m'empêcher de penser: Ahhh ils grandissent si vite! Je remarque ensuite Mike (l'étudiant de Kung-fu) qui se tient à l'écart, visiblement excité de me voir, mais ne voulant pas interrompre nos retrouvailles ''de filles''. Lui ayant pratiquement provoqué une attaque de coeur l'an dernier en lui donnant un calin avant de partir (''Oh Andy, this is a very special hug. You make me think of my mother and I miss her so much...''- dois-je vous rappeler que Mike n'a qu'un an de moins que moi!) , je me rabbat sur la bonne vieille poignée de main et lui en donne tout une en lui disant à quel point je me suis ennuyé d'eux. Finalement arrive Lechung qui me serre dans ses bras; ayant habité avec Terry, il a l'habitude de nos comportements ''inappropriés'' d'étrangers et semble se foutre pas mal des conventions chinoises! Bras dessus, bras dessous, nous traversons tous la rue vers le restaurant alors que plusieurs conversations se mélangent. Les étudiants sont stupéfaits de voir deux générations d'étrangères côte à côte et ils s'amusent à trouver les ressemblances dans nos traits. Ils me questionnent sur mon année à Québec, ne comprenant pas tellement que je puisse maintenant enseigner le français et ils me racontent leurs mésaventures de la dernière année. Emily a décidé de quitter le parti communiste et l'association anglophone, car ils l'empêchaient de travailler. Lechung enseigne l'anglais à Luoyang et habite chez son oncle. Mike termine sa dernière année à Shangqiu et ira étudier l'éducation physique à Nanjing... en effet, ils ont grandi.

Comme à l'habitude notre entrée dans le restaurant ne passe pas inaperçu et je profite de notre passage à côté de la cuisine pour présenter ma mère à la patronne. Après qu'elles se soient dit: ''Ni Hao'', je pousse ma mère vers les escaliers pour ne pas qu'elle puisse jeter un plus long regard dans la cuisine... on ne voudrait quand même pas lui couper l'appétît avant même d'avoir commandé! Assis autour de la table, la conversation va bon train au rythme des différents plats qui s'entassent sur la table. Des pommes de terre au vinaigre, du poulet kung pao, des oeufs aux tomates, du porc aux oignons, du riz frit ... chacun des meilleurs items du menu est amené devant nous et disparaît presque aussi vite. Ma mère se régale déclarant aussi que c'est le meilleur repas que nous avons mangé depuis le début du voyage. C'est alors que je remarque Mike qui est sur le point de vouloir poser une question à ma mère. Se dandinant sur sa chaise, je me demande bien ce qu'il va réussir à sortir, car nous savons tous qu'il n'a pas la langue dans poche et qu'il adore discuter avec n'importe qui. Et il se lance finalement: ''Christiane... how old are you?!''. Et de toutes les questions inapropriés, il arrive d'un seul coup à sortir la GRANDE gagnante à sa première conversation avec ma mère. Les étrangers à table ne peuvent s'arrêter de rire alors qu'il se demande ce qu'il a bien pu dire d'aussi drôle! Emily, telle une grande soeur savante, lui apprend que pour les étrangers c'est une question déplacée et il prend aussitôt une teinte de rouge écarlate alors que nous le rassurons que ce n'est pas grâve et que c'est même plutôt mignon. En tout cas, on ne peut pas dire qu'il ne sait pas animer un repas! Lorsque chacun des plats est vide et que nous sommes tous appuyés sur le dossier de notre chaise, repus, nous décidons de quitter le restaurant pour trouver notre hôtel.

Le destin jouant du coude, notre hôtel est en fait le même endroit où m'avaient amené les dirigeants de l'école pour notre banquet de bienvenue. Notre chambre est beaucoup plus luxueuse que ce à quoi je m'attendais et souffrant toujours d'un peu de fatigue, je dois faire une petite sieste alors ma mère part, caméra à la main, explorer les rues avoisinantes. Après tout, que peut-il lui arriver dans les rues de Shangqiu?!

...

À son retour, je remarque que quelque chose à changé. Elle ne dit pas un mot et se promène dans la chambre visiblement troublée. Elle a le visage d'un personnage de film d'horreur qui vient de voir un fantôme. ''Est-ce que ça va? Tu as vu des choses intéressantes?'', que je la questionne moitié endormie.  Et elle de me répondre: ''Intéressantes?! Je viens de retourner au MOYEN ÂGE!''. Elle commence alors à s'indigner de la salubrité du marché à ciel ouvert où je l'ai envoyé ''voir la couleur locale''. Elle se doutait bien que ce genre d'endroit existait quelque part en Afrique profonde entre deux girafes et plusieurs huttes de pailles, mais ''ICI, en CHINE! Juste à côté de PÉKIN!! Dans un pays SUPPOSÉMENT civilisé!'', elle est complètement outrée! Bon, disons que je ne l'ai peut-être pas envoyé dans le coin le plus ''pittoresque'' de Shangqiu, mais aussi bien partir au bas de l'échelle pour ensuite trouver le super-marché un peu plus ''super''!





Alors qu'elle me montre les photos des ''atrocités'' du marché, nous recevons un texto de Shannon plutôt prometteur: ''Hey guys, there is a song contest tonight at the school. Want to come watch?''. Et comment! Maman prépare-toi, tu n'as rien vu!

Le retour à Shangqiu

Une fainte odeur de déchets et d'urine rejoint mes narines. Les deux pieds dans un sac de cacahouète explosé j'observe le bourdonnement des voyageurs pressés de rejoindre le train sur le point de partir. Il fait chaud et humide, les gens courent dans les escaliers, le vacarme est insupportable. Dans le parc au loin, la statue de Mao observe le traffic cacophonique qui zig-zague autour de la station de train. Déjà, un amas de chauffeurs de taxis se bouscule devant nos yeux, essayant d'attirer notre attention pour nous guider vers leur véhicule. Mais je ne les vois pas. J'observe sans mots Shangqiu et tente de trouver une explication logique pour justifier à ma mère le désastre naturel qu'est cette ville. Les premiers mots s'échappent de mes lèvres, sans filtre: ''What a freaking DUMP!''. Je cligne plusieurs fois des yeux me disant que c'est la fatigue ou le désenchantement d'un voyage prolongé... mais non. Shangqiu est sans aucun doute l'endroit où commencera la prochaine peste chinoise!

Ne pouvant plus tellement ignorer la foule qui s'amasse devant nous, je guide ma mère à travers le barrage de chauffeurs pour nous trouver un taxi au plus vite! Sous le choc, elle me suit silencieuse, absorbant chacun des détails de son entourage avec la même expression qu'un client d'un spa à qui on ordonne d'aller se jetter sous la chute glaciale après une demi-heure de bain tourbillon. Ce n'est pas très zen tout ça... Trop excitée de voir Shannon et mon ancienne université, je presse ma mère qui n'en est pas encore revenu de son premier kiosque de chacuterie à l'air libre et la tire par la manche vers le premier taxi libre. Malgré la crasse, la chaleur et le bruit assourdissant des klaxons, je ne peux m'empêcher de sourire sans retenue. J'ai passé tellement de moments forts et inoubliables à Shangqiu que la seule odeur distincte de la rue me transporte dans mes souvenirs. En chemin vers l'université, je pointe plusieurs endroits pour ma mère qui n'a pu, jusqu'à maintenant, que les imaginer. Le salon de massage, les KTV, l'épicerie ''Dennis'', le cinéma... et la grande barrière devant l'université. D'un seul mouvement, je me catapulte à l'extérieur du véhicule et observe le va-et-vient des étudiants qui procèdent d'une seule vague, vers la rue pour s'acheter leur déjeuner. J'ai envie de courir dans toutes les directions pour explorer mes endroits préférés autour de l'université, mais le poids de mon sac à dos extra-large me ramène à la réalité. Premier arrêt: Trouver Shannon.

Nous traversons ensemble la barrière sous l'oeil curieux du garde de sécurité qui doit bien se dire: ''Messemble que je l'ai déjà vu quelque part celle-là''. En chemin, j'en profite pour tenter de trouver quelconques changements aux bâtiments, mais tout semble pareil. Avant même de pouvoir prendre la première courbe vers la maison, j'entend un grand cri: ''ANDY!! You guys made it!!''. Shannon fonce vers nous sur sa bicyclette et s'arrête à notre hauteur sur la route. ''Wow, I can't believe you are here...'', ''Me neither man, me neither...''. Nous nous observons pendant quelques minutes, passant les commentaires d'usages sur l'allongement de notre chevelure respective, les bienfaits de l'air canadien sur ma peau et mes premiers impressions du retour à Shangqiu. ''Dude I can't believe how disgusting this place really is!'', que je lui lance, pince sans rire, sachant très bien qu'elle compte déjà les ''dodos'' avant son retour au Canada dans les prochains mois­. En chemin vers ''la maison'',  nous croisons le petit chien bâtard qui m'accompagnait tous les jours jusqu'à la porte de mon appartement et j'aime bien penser que le petit regain d'énergie qu'il déploie en nous voyant est signe que mon odeur lui rappelle quelque chose... (ou c'est peut-être les gâteries canines dans les poches de Shannon). Nous empruntons le premier chemin à droite pour passer devant mon ancien appartement et je remarque avec humour que les voisins ont profité de mon absence pour faire avance leur projet d'agriculture entâmé l'année précédante. Le nombre de petits enclos a décuplé et plusieurs autres spécimens fermiers se prélassent dans leur cages. Sacrés chinois...

Je m'arrête un instant devant les marches de mon bâtiment lorsqu'une envie soudaine de retourner à la ''maison'' me prend. Après deux longues semaines de voyage et valises, j'ai tellement envie d'aller m'allonger sur mon divan de bois et de regarder un bon film, une géante Tsingtao à la main... mais une nouvelle famille habite maintenant mon appartement, les deux parents, la tante et les deux enfants, tous entassés dans mon petit logis douteux. Pauvre eux, j'espère qu'ils ont fait réparer les portes d'armoires!

Pour la première fois depuis que nous avons quittés le train, je commence à douter du bien fait de notre retour à Shangqiu. À la joie d'être de nouveau réunie avec mes amis se mélange la tristesse d'ouvrir de nouveau les plaies du départ que j'avais soignés pendant mon année à Québec. Autour de moi, tout se trouve au même endroit, mais plus rien n'est pareil.  Cette fois-ci, je suis véritablement l'étrangère.

Je suis tirée de ma rêverie par ma mère qui s'exclame de la grandeur des lacs qui bordent les appartements. Je rigole en me souvenant des nombreux animaux morts que j'ai vu flotter à la surface de leurs somptueux ''lily ponds'' et je réalise que c'est exactement ce qui justifie mon retour à Shangqiu: Afin de rendre cette expérience tangible et moins personnelle, j'avais besoin que quelqu'un d'autre soit témoin de tout ça. Qu'elle le voit de ses propres yeux et que je puisse toujours me remémorer cette expérience de ma vie en discutant avec l'autre personne qui sera aussi allée vivre l'atmosphère unique de la campagne chinoise. Parce que croyez-moi ce n'est pas ce qu'on voit sur les brochures de l'Université!

Finalement, nous poussons la porte de l'appartement de Shannon où Brett tout souriant nous accueille chez lui. Je pose mon sac sur le sol, fais un calin à leur chat Scrubs et m'enfonce dans le divan pour vivre chacune des minutes à Shangqiu.